Le Camembert Cousteau et le Saga, Les Bains de l’Estaque

149 Plage de l'Estaque, 13016 Marseille
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Le Camembert Cousteau et le Saga, Les Bains de l’Estaque
Arrondissement : 16ème

Ce singulier bâtiment rond de l’Estaque fut construit dans les années 1960 pour accueillir les ingénieurs du projet SAGA (Sous-marin d’Assistance à Grande Autonomie). En effet Jean-Yves Cousteau, installé à Marseille, souhaitait alors construire le plus grand sous-marin civil du monde. Son premier nom : l’Argyronète, du nom d’une araignée capable d’évoluer sous l’eau. Pour y parvenir il imagine ce projet dessiné par son fils architecte. Il sert alors de bureaux aux ingénieurs qui travaillent sur le sous-marin, et aux scientifiques qui accompagnent le célèbre commandant. Mais celui qui est baptisé “le camembert Cousteau” est aujourd’hui menacé de démolition par le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM). Ce bâtiment constitue pourtant un témoignage précieux de l’histoire de l’exploration sous-marine, de l’architecture expérimentale, et des liens entre innovation maritime et territoire marseillais. Un collectif porté par CIQ de l’Estaque, THALA, Hôtel du Nord, et des habitant·es du bassin de Séon se bat pour sa conservation.

Imaginé initialement par Jacques-Yves Cousteau, réalisé par la COMEX, et relié par passerelle au hangar qui abrite toujours le sous-marin, ce bâtiment a aussi connu une deuxième vie publique en tant que lieu d’accueil des Bains de l’Estaque (fermé suite à la crise du COVID), démontrant d’après le collectif de sauvegarde “une grande capacité de réversibilité et d’ouverture au public“. Aujourd’hui, bien que le SAGA soit toujours présent et valorisé par l’association Les Compagnons du SAGA, son “cocon”, le bâtiment rond, est en passe d’être détruit, alors qu’il constitue une clé d’entrée stratégique pour redonner sens, accès et visibilité à l’ensemble du site. Le projet du collectif de sauvegarde n’est pas selon eux :

une simple démarche de sauvegarde patrimoniale : il propose une alternative économique, territoriale et culturelle cohérente, prenant en compte les contraintes actuelles et les potentialités du lieu”. En voici un extrait :

Vue satellite

Un coût évité
La Ville de Marseille a récemment envisagé le déplacement du sous-marin vers le MUCEM, pour un coût estimé à plus d’1 million d’euros. Cette idée soulève trois impasses majeures :
● Perte de cohérence patrimoniale : le sous-marin serait arraché à son site de construction.
● Affaiblissement territorial : l’Estaque perdrait une singularité forte au profit d’un lieu déjà saturé en offres culturelles.
● Dépense publique mal ciblée, alors qu’un projet local, in situ, serait moins coûteux et plus pertinent.

Un modèle économique viable et partagé
Le projet que porte le collectif est pensé pour être économiquement viable, grâce à une programmation mixte et évolutif :
● Espace muséal et pédagogique (DRASSM + SAGA)
● Résidences artistiques et scientifiques
● Activités associatives et maritime
● Accueil, café, médiation

Ce modèle suppose un accord contractuel clair entre la Ville et le Port (via une AOT – Autorisation d’Occupation Temporaire), qui permettrait :
● À la Ville de bénéficier d’un accès stratégique à la mer dans un site à fort potentiel ;
● Au Port de conserver la maîtrise foncière tout en valorisant son patrimoine et sa culture maritime.

Lire la note d’intention complète


SOURCES Collectif porté par le CIQ de l’Estaque, THALA, Hôtel du Nord, et des habitant·es du bassin de Séon
PHOTOS Bain de l’Estaque & Google Maps
A NOTER Ce site est un blog personnel, ces informations sont données à titre indicatif et son mises à jour aussi souvent que possible. N’hésitez pas à me contacter pour toute correction ou contribution

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