De La Jeune République au Journal La Provence

248 Avenue Roger Salengro, 13015 Marseille
1326
De La Jeune République au Journal La Provence
Arrondissement : 15ème
Site Internet : www.laprovence.com
A l’origine de la Provence ? On trouve d’abord La Jeune République, un quotidien populaire de Marseille fondé en 1873 par Léo Taxil, qui deviendra ensuite Le Petit Provençal puis le Provençal. Le quotidien la Provence est créée en 1997 née de la fusion de ce Journal Le Provençal et du quotidien Le Méridional, tous deux contrôlés jadis par l’ancien maire de Marseille, Gaston Defferre. Le 29 janvier 2021, la direction du journal annonçait la vente de son siège au promoteur Constructa. L’opération devrait rapporter autour de 35 millions d’euros à La Provence qui devra déménager à l’horizon 2023-2024.

La Jeune République
Initialement, La Jeune République était un quotidien populaire de Marseille fondé en 1873 par le marseillais Léo Taxil (1851-1907). Il était un écrivain anticlérical puis antimaçon, auteur, à l’aide de quelques collaborateurs dont Paul Rosen, d’une mystification célèbre et de grande ampleur contre la maçonnerie, l’accusant de satanisme. Il alla jusqu’à fabriquer de fausses preuves et envoyer une correspondance délatrice au pape.

Ces manipulations de l’opinion et particulièrement des catholiques commencèrent en 1885 et prirent fin en 1897 avec ses aveux publics. On comptera parmi les journalistes les plus connus de ce quotidien Clovis Hugues qui y commencera sa carrière.

Le Petit Provençal
journal-la-provence-marseille-2La Jeune République devient à la suite de plusieurs remaniements, Le Petit Provençal (1868-1944) avec son supplément Le Petit Provençal illustré (1898-1908). Geoffroy Velten (1831-1915), un homme d’affaires luthérien et alsacien installé à Marseille, et Jean-Baptiste-Amable Chanot (1855-1920) avocat et maire de Marseille, sont à l’origine de la création de La Jeune République, première version du Petit Provençal. Vincent Delpuech (1888-1966), journaliste et homme politique après avoir été administrateur-directeur du journal Le Radical (de Marseille) de 1921 à 1933, puis coadministrateur du Bavard en 1931, devient en 1933 président du conseil d’administration du Petit Provençal. Il donne un nouveau souffle au journal, en multipliant les pages spéciales sur le sport, la culture, l’agriculture, faisant du quotidien l’un des plus importants supports de presse du sud-est de la France.

Le 19 juin 1940, le journal publia en Une l’appel du général De Gaulle. Mais à partir de 1941, le journal soutient de plus en plus la politique du régime de Vichy.

Le Provençal (1944-1997)
En août 1944 durant les combats pour la libération de la ville, Xavier Culioli (1896-1978) (futur secrétaire général de la police pour les Bouches-du-Rhône et futur directeur du Provençal, grand résistant et militant socialiste), Nick Venturi (1923-2008), truand notoire du milieu marseillais, et André Ambrosi (1914-1964) militaire s’étant récemment évadé du camp de Sens (Yonne) et membre très actif des FFI “libèrent” et occupent le siège du Petit Provençal, accompagnés de plusieurs hommes armés. En fait, le groupe réalise l’opération au bénéfice de Gaston Defferre, dirigeant du réseau de résistance “Brutus”, et futur Maire de Marseille, qui s’appropriera purement et simplement le quotidien, en s’en attribuant une majorité de parts avec son épouse Andrée Aboulker. C’est alors que le journal est rebaptisé Le Provençal, nom qu’il conservera jusqu’en 1997 date à laquelle le titre fusionne avec Le Méridional pour devenir La ProvenceJean Bouin (1888-1914) fut journaliste au Petit Provençal. L’adresse du journal à Marseille était au 75, rue de la Darse et celle du bureau de Paris au 3, rue de la Bourse.

Politiquement, le titre défendra toujours les vues de son capitaliste principal, comme sa délicate sensibilité de gauche, son indulgence proverbiale vis-à-vis des milieux criminels de la ville de Marseille, et sa volonté farouche de voir décentraliser les prises de décisions concernant les gros contrats publics depuis l’État vers les collectivités locales, politique qu’il parviendra mettra en œuvre en tant que ministre de l’intérieur entre 1981 et 1984 sous le premier septennat de François Mitterrand.

Le Méridional
Un journal Le Méridional est créé en 1866 à Avignon, et paraît jusqu’en 18711. De 1876 à 1944, un quotidien régional nommé Le Petit Méridional est publié à Montpellier. Le Méridional paraît à partir de septembre 1944, à la Libération. Il défend le Mouvement républicain populaire, parti nouvellement créé par les chrétiens résistants. Le 15 décembre 1947, Jean Fraissinet rachète avec des alliés 75 % des parts du quotidien, qui s’était fait attribuer l’imprimerie de Marseille-Matin en 1945. Il entend combattre le journal communiste, La Marseillaise, et Le Provençal de Gaston Defferre, socialiste. Il fusionne son journal, en 1952-53 avec La France de Marseille d’Henry Bergasse. Le Méridional-La France, dont il est l’actionnaire majoritaire et l’inspirateur politique, et non le directeur, lui sert de tribune. En 1966, il passe un accord avec la société Delaroche et Cie, propriétaire du Progrès de Lyon : il cède les 80 % des actions de son journal mais garde la possibilité d’y publier des articles et son contrôle éditorial au moment des élections durant 10 ans. D’où un procès en 1972 lorsque Le Méridional passe des accords avec le Provençal, mais Fraissinet est débouté. Jean Brémond lui succède. En février 1971 Le Méridional et Le Provençal signent un accord sur le partage de l’impression, tout en gardant des rédactions indépendantes, à la suite de la mainmise du maire de Marseille Gaston Defferre, qui contrôle ainsi le principal journal d’opposition.

En 1997, Le Méridional et Le Provençal fusionnent pour devenir La Provence. Le journal sur internet, reprenant le nom du Méridional reparaît sur internet depuis avril 2020, avec José D’Arrigo comme rédacteur en chef.

La Provence
La Provence rayonne sur trois départements : Bouches-du-Rhône, Vaucluse et Alpes-de-Haute-Provence. Racheté pour 160 millions d’euros à Hachette Filipacchi Médias (groupe Lagardère) par le groupe Hersant Média en décembre 2007 il emploie 200 journalistes professionnels et quelque 700 correspondants locaux, pour tirage moyen d’environ 170 000 exemplaires/jour (chiffre OJD). Depuis décembre 2001, La Provence diffuse sur Marseille le quotidien gratuit Marseille Plus, après avoir lancé Marseille l’Hebdo, hebdomadaire diffusé à 15 000 exemplaires en 2005. Il co-détenait également depuis 1999 avec le groupe Nice-Matin la S.A Corse Presse, éditrice du quotidien Corse-Matin. Il en est devenu l’unique actionnaire depuis le 1er décembre 2014. Le quotidien devient en 2008 propriété du Groupe Hersant médias. Le PDG Didier Pillet a succédé à Stéphane Duhamel en janvier 20082. Il a été remplacé en septembre 2010 par Marc Auburtin. Le journal a changé trois fois de directeur de la rédaction en six ans. De 2004 à janvier 2008, ce fut Gilles Dauxerre. Philippe Minard occupe ce poste depuis octobre 2010. En décembre 2012, après plusieurs mois de tractations avec les banques et le groupe belge Rossel, Philippe Hersant conserve la propriété du titre en apportant la moitié d’une augmentation de capital de 48 millions d’euros, l’autre moitié venant de Bernard Tapie. Pour aboutir à ce résultat, Philippe Hersant a posé un ultimatum aux 17 banques créancières : soit elles acceptaient son offre, soit il effectuait un dépôt de bilan de Groupe Hersant Média dans lequel lui-même risquait de tout perdre. La Provence dégage un résultat brut d’exploitation de 5 millions d’euros par an, qui servira à l’un de ses deux actionnaires, Philippe Hersant, pour rembourser les dettes de son autre groupe de presse situé en Suisse.

Au printemps 2013, Bernard Tapie devient actionnaire du quotidien. Le groupe Hersant média annonce, le 16 juillet 2013, la cession du journal La Provence à Bernard Tapie.

En juillet 2014, Claude Perrier rejoint le Groupe en tant que Directeur Général Délégué, puis est nommé Président Directeur Général dès février 2015. Au printemps 2019, la participation de Nethys est cédée à Xavier Niel. En 2020, Bernard Tapie pourrait devoir se séparer des 89% des parts qu’il détient au capital du groupe pour rembourser ses dettes. Cette information inquiète au sein du groupe et un CSE extraordinaire est réuni le 5 mai pour rassurer les employés. La direction assure qu’il n’y a ni plan social ni procédure de sauvegarde de prévus. Malgré les promesses rassurantes du printemps, La Provence prévoit début novembre 2020 le licenciement économique de 18 personnes alors que les pertes du groupe devraient s’élever à 7 millions d’euros à la fin de l’année. Il devrait s’agir des plus gros salaires de certains chefs de service, ce qui provoque une réaction virulente de la part des employés qui dénoncent une “procédure inhumaine, abjecte et brutale”.

Le 29 janvier 2021, la direction du journal annonce la vente de son siège au promoteur Constructa. L’opération devrait rapporter autour de 35 millions d’euros à La Provence qui devra déménager à l’horizon 2023-2024. Le 3 octobre 2021, disparaissait Bernard Tapie, le lendemain, le journal titrait “Adieu Boss”.


SOURCES Wikipédia La Provence Journal & La Provence & Wikipedia La Jeune République & Wikipedia Le Petit Provençal & Wikipedia Le Méridional
PHOTOS Google Street Map & La Provence & Archives
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