Couvent Cormier des Dominicains

35 Rue Edmond Rostand, 13006 Marseille
931
Couvent Cormier des Dominicains
Catégorie : Lieux de Culte
Arrondissement : 6ème
Le couvent des Dominicains de Marseille a été fondé en 1225 et, après sa suppression en 1790, a été restauré à partir de 1868 à 1878 par l’architecte Pierre Bossan à qui l’on doit le début de la construction de la Basilique Notre-Dame de Fourvière à Lyon. Depuis, les frères occupent les mêmes bâtiments au 35 Rue Edmond Rostand…un lieu qui de 1940 à 1942 servit de refuge aux Juifs persécutés.

couvent-des-dominicains-35-rue-edmond-rostand-13006-marseille-2D’abord établi à la périphérie de la ville du XIII ème siècle, hors de son enceinte, sur un terrain situé entre les actuelles rues Saint-Férréol et de Rome, le premier couvent fut détruit en 1524 lors du siège de Charles de Bourbon.

En effet, pour protéger la cité et en favoriser sa défense, il fut décidé de raser les faubourgs et ainsi de déloger Prêcheurs et Mineurs qui y avaient établis leurs couvents respectifs. Obligés de se réfugier à l’intérieur des murailles de la ville, les frères acquirent un ensemble de terrains, sur lesquels ils vont construire petit à petit, au gré des dons, leur nouvelle église et des bâtiments conventuels.

De cette seconde implantation, qui devait durer jusqu’en 1794, la Révolution favorisant la dissolution de la communauté, il reste la belle église conventuelle devenue depuis 1802 la paroisse Saint-Cannat, dont on peut apercevoir la façade depuis la rue de la République.

De 1940 à 1942, le couvent Saint Lazare des Dominicains servit de refuge aux Juifs persécutés et de centre de diffusion des Cahiers du Témoignage chrétien. Simone Weil y participa. Elle eut ici de nombreuses conversations théologiques avec le père Perrin.

Le couvent a pu être en 2010 en grande partie rénové et réhabilité, après 6 années de travaux et 6 millions de travaux, grâce à la générosité de donateurs et à l’aide des élus de la Région, du Département et de la Ville.

Le couvent dispose à présent d’une salle de conférence polyvalente de 160 places, qui se veut ouverte à un public large et diversifié, ainsi que d’une nouvelle bibliothèque comprenant environ 30 000 livres sur 1 600 mètres de rayonnage.

Le couvent organise également chaque année des sessions de révision pour 15 candidats bacheliers désireux de se consacrer entièrement à leurs révisions dans le cadre très calme des lieux et de son jardin intérieur.


Pierre Bossan, architecte

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Plaque à la mémoire de Pierre Bossan dans la Basilique Notre-Dame de Fourvière

Il est né à Lyon en 1814, au sein d’une famille modeste. Ainé de sept enfants, il peut effectuer des études et s’oriente vers l’architecture. D’abord à l’école des Beaux-Arts de Lyon, il rejoint l’atelier de Labrouste à Paris. De retour à Lyon à 25 ans, il est plein d’ambition et espère faire fortune rapidement.

Il obtient la fonction d’« architecte de la cathédrale » et se voit confier la réalisation d’une église neuve pour remplacer l’église de la commanderie du temple qui croule : c’est Saint-Georges qu’il bâtit en 1845, dans un style gothique très pur. Il la traitera « d’erreur de jeunesse », or si elle ne porte pas la marque de l’artiste, elle est une réussite néogothique. C’est une période prolifique : l’église de Tassin, la chapelle des jésuites, rue Sala, la chaire épiscopale en bois à la cathédrale, etc.

Il part en voyage en Italie en 1845. Lors de son passage en Sicile il découvre l’art byzantin. Il est conquis. Pendant son voyage, son frère qui l’avait accompagné meurt. L’architecte est très troublé. Alors libre-penseur, Bossan, à son retour d’Italie, va visiter Ars en 1852, en compagnie de sa sœur Thérèse. Il y rencontre le curé, Jean-Marie Vianney, et se convertit. De son côté, sa sœur entre dans les ordres.

S’il n’est plus architecte de la cathédrale depuis 1847, les commandes s’enchaînent : son style prend un tour très personnel et très néo-byzantin. Il est déjà en train de dessiner des plans pour une « grande église » sur la colline de Fourvière.

En 1850, il est à Rome, et il obtient le grand prix de Rome d’architecture. C’est là que son projet de Fourvière prend forme. À partir de 1852, il bâtit de nombreuses églises, chapelles et maison particulière. Il dessine aussi toute sorte de statues, de mobilier, d’orfèvreries.

Lorsqu’en 1871 est prise la décision de bâtir la basilique Notre-Dame de Fourvière, à la suite de la préservation de la ville de Lyon de l’invasion prussienne, Bossan est fort de ses réalisations en particulier les sites de pèlerinage d’Ars (église Sainte-Philomène, début de construction en 1862) et de Lalouvesc (début de construction en 1864, ouverture au public en 1871).

Il peut présenter son « vieux » projet de basilique. Celui-ci est accepté et la construction commence dès 1872. Très vite, Bossan, vieillissant et malade, se retire à La Ciotat, d’où il contrôle Sainte-Marie Perrin, à qui la construction a été confiée.

Dans sa retraite, Bossan continue à dessiner, et en particulier la statuaire et le mobilier de sa grande œuvre de Fourvière. Auprès de lui se forme un certain nombre d’architecte, dessinateurs, sculpteurs et peintres.

Il meurt en 1888 à La Ciotat, à l’âge de 74 ans. Pierre Bossan est enterré au cimetière de Loyasse, à quelques mètres de son œuvre.


SOURCES marseille.dominicains.com & museedelaresistanceenligne.org & Wikipédia
PHOTOS marseille.dominicains.com & france3-regions.francetvinfo.fr & Jean-Louis Lascoux

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