Statue de la Paix

Rue du Marché des Capucins 13001 Marseille
335
Statue de la Paix
Arrondissement : 1er
La statue de « la Paix » du sculpteur Joseph Chinard, posée face au Marché des Capucins en 1802 et enlevée sept ans plus tard, a retrouvé son emplacement d’origine en 1984.

Cette statue a été créer pour commémorer la paix d’Amiens c’est le nom donné à la période de paix qui s’amorce avec le Traité d’Amiens signé le 25 mars 1802 entre le Royaume-Uni, d’une part, et la France, l’Espagne et la République batave, d’autre part. La paix d’Amiens dure à peine un an et prend fin le 18 mai 1803. C’est la seule période de paix générale en Europe entre les déclarations de guerre à la France à l’automne de 1793 et la première abdication de Napoléon en 1814. (histoire à écouter dans l’onglet vidéo).

La Statue aurait dû se trouver dans un temple rond qui n’a pas été réalisé faute de moyens financiers et qui aurait dû se situer au sommet du cours Pierre Puget.

Le groupe représente une allégorie féminine tenant dans sa main droite une pomme, son bras s’appuyant sur une corne d’abondance ; sa main gauche tient des rameaux d’oliviers.


Joseph Chinard,
né le 12 février 1756 à Lyon, où il est mort le 20 juin 1813, est un sculpteur français néoclassique. Joseph Chinard entre d’abord à l’école de dessin de la ville de Lyon, dirigée par Donat Nonnotte, puis à l’atelier de sculpture de Barthélemy Blaise, un statuaire (né à Lyon en 1738, et mort à Paris en 1819) auquel on doit les statues de Saint Étienne et de Saint Jean-Baptiste de la primatiale Sain-Jean (1776).

Joseph_Chinard,_by_Jean_Francois_Soiron_(1756-1813)

Portrait de Jean François Soiron

De 1784 à 1789, il réside à Rome pour améliorer sa technique et former son goût artistique. Il y copiera et rapportera nombre de statues antiques. Ce premier de ses trois séjours avait été payé par les travaux qui lui avaient été commandés en 1780 par le chapitre de l’église Saint-Paul, à savoir les pendentifs du dôme et les figures des quatre Évangélistes, ouvrages remarquables qui furent détruits sous la Terreur. Le 12 juin 1786, il obtient le premier prix de l’Académie Saint-Luc de Rome, avec Persée délivrant Andromède.

En 1789, acquis aux idées nouvelles, il doit pourtant se soustraire à certaines suspicions car une couronne « végétale » tenue à la main par une figure allégorique éveilla la susceptibilité jacobine et lui coûta une détention de près de six mois. On rapporte que c’est une autre figurine, L’Innocence, sous les traits d’une colombe se réfugiant dans le sein de la Justice, envoyée à un des juges, qui le fit libérer.

Il livre l’année suivante la statue colossale de la Liberté commandée par la ville de Lyon pour la Fête de la Fédération, prévue le 30 mai sur la plaine de Villeurbanne. Il devait concourir par la suite pour plusieurs décorations de fêtes nationales.

En 1791, il est enfermé deux mois, jusqu’au 13 novembre, au château Saint-Ange sur ordre du pape pour ouvrages subversifs. Il avait, en effet, créé deux groupes d’inspiration révolutionnaire, commandés avant son départ par M. Van Risambourg (ou Risamburgh) pour un trépied de candélabre : Jupiter foudroyant l’Aristocratie et le Génie de la Raison foulant aux pieds la Superstition (comprendre : la Religion). L’intervention de David devant la Convention en sa faveur nous apprend qu’il fut arrêté avec un certain Rater, jeune élève d’architecture lyonnais.

En 1800, de retour de son troisième et dernier voyage romain, il est accueilli à l’Académie de Lyon – réorganisée sous le nom d’Athénée – et nommé correspondant de l’Institut. Il ne quittera désormais plus guère sa ville natale. Il avait établi un premier atelier dans l’ancienne chapelle des Pénitents de Lorette, place Croix-Paquet.

Le 25 janvier 1807, il avait été nommé, par décret impérial, professeur de sculpture à l’École spéciale de dessin de Lyon1, fonction qu’il gardera jusqu’à sa mort en 1813, à 57 ans, survenue des suites d’une rupture d’anévrisme cardiaque. Il fut d’abord inhumé dans le jardin de sa maison de l’Observance, quai Pierre-Scize2.

Il avait légué au musée des beaux-arts de Lyon : Persée et Andromède (en terre cuite), L’enlèvement de Déjanire et la statue en pied de sa personne (mais en modèle réduit). En 1808, il reçoit la grande médaille d’or du Salon de Paris.

Ayant vécu en une période troublée et agitée, il n’a pu mener à bien tous ses travaux. Quelques œuvres importantes sont restées inachevées. Elles furent parfois vandalisées et majoritairement dispersées soit par la variété des commanditaires, soit par l’imprévoyance des héritiers. L’exécution fidèle, délicate et gracieuse de ses bustes, qui rendait magnifiquement les chairs et faisait transparaître le sentiment des personnages, l’imagination, le goût et l’adresse de ses groupes allégoriques en font un des plus grands sculpteurs de son temps et un des meilleurs artistes français du portrait sculpté.


SOURCES Wikipédia
PHOTOS IngolfBLN & Archives

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