Rue Vincent Scotto, ex rue de l’Arbre

Rue Vincent Scotto, 13001 Marseille
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Rue Vincent Scotto, ex rue de l’Arbre
Arrondissement : 1er

Depuis le 29 mars 1962 la rue de l’arbre porte le nom de Vincent Scotto, le célèbre compositeur né à Marseille le 21 avril 1874. Au cours de sa vie, il a composé plus de 4 000 chansons, 60 opérettes et des dizaines de musiques de films. L’originalité de sa composition, c’est que toutes ses musiques sont différentes et toujours composées sur sa guitare. Retour sur l’histoire du compositeur et de sa rue éponyme.

Le grand bar “Le Sans Pareil”

Selon le Dictionnaire Historique des rues de Marseille d’Adrien Blès, le nom de la rue de l’Arbre, ne tire pas son origine d’un arbre de la Liberté, planté lors de la Révolution – le plan de 1784 faisant déjà état de ce nom. Des chroniqueurs indiquent qu’un ormeau était au milieu de cette rue. Des photos de la fin du XIXe siècle laissent apparaître un important feuillage à l’est de cette voie, dans le petit triangle où était située la place Noailles. Une auberge appartenant à Jean Bonnet en 1763, nommée Le Cabaret de la Sainte-Baume, représentant sur son enseigne un arbre peint, paraît être à l’origine de l’appellation. Au n° 47, de la rue Vincent Scotto on trouve le théâtre des Variétés, ouvert en 1856 sous le nom de Casino Musical. Il se transforme en théâtre en 1887, en Variétés Casino en 1906, puis en cinéma qui ferme ses portes en 1990, après quelques années de projections de films pornographiques. Propriété de la Ville de Marseille, il est loué pour vingt ans à la Société-Bastille-Saint-Antoine qui y ouvre, le 7 avril 1999, une salle pour cinéma d’Art et d’Essais.

Au n° 35 de la rue, on trouve une maison datée en façade, entre le 1er et le 2e étage : 1690. A l’angle de la Canebière se trouvait le grand bar “Le Sans Pareil” et à l’angle de la des Récollettes la “Pharmacie Principale de Marseille”. Au 27 de la rue de l’Arbre se trouvait le magasin général de la Manufacture générale de Caoutchouc située au 48 traverse de l’Olivier.

Au n°3 de la rue de l’Arbre se trouvait l’Hôtel Régence et sa belle marquise toujours visible. Au n°19, on trouvai aussi le restaurant l’Idéal, au n°35 le coiffeur “Henri et Marinette Catoïo, ou encore la Société Immobilière de la Rue de l’Arbre.

Vincent Baptiste Scotto de son nom complet, est le dernier-né de Pasquale Scotto d’Aniello et d’Antonia Intartaglia, originaires de l’île de Procida située au nord du golfe de Naples. Il apprend la guitare à l’âge de sept ans, puis étudie la musique dans une institution religieuse. Après avoir animé les noces et banquets de la région marseillaise en accompagnant les chanteurs à la guitare, il commence une carrière solo à Marseille en 1906. L’une de ses toutes premières compositions est adaptée par Henri Christiné pour devenir un succès du chanteur Polin : La Petite Tonkinoise. Fort de cette réputation, il s’installe à Paris dans le faubourg Saint-Martin. C’est le début d’une production abondante, comme J’ai deux amours, Prosper (Yop la boum), Le Trompette en bois, Marinella (Émile Audiffred et Géo Koger) créées par Tino Rossi, Le Plus Beau Tango du monde créée par Alibert ou Sous les ponts de Paris (Jean Rodor) créée par Georgel.

Vincent Scotto est le compositeur de quatre mille chansons, et de soixante opérettes, jouées, produites ou écrites entre autres par Christiné, Léo Lelièvre, Maurice Chalhoub (Maurice Mareil), Jean Rodor, Géo Koger, Émile Audiffred, René Sarvil, et interprétées par Alibert (son gendre), Paulette Merval, Marcel Merkès, Joséphine Baker, Jaime Plana, Tino Rossi, Maurice Chevalier, Reda Caire… Nombre de ses chansons ont été des succès internationaux, en Europe et aux États-Unis. La série de ses « opérettes marseillaises » sur des livrets de René Sarvil et Alibert (notamment Un de la Canebière), a beaucoup fait pour répandre à Paris, sinon dans le monde entier, une certaine image de Marseille et des méridionaux, parfois caricaturale. Sa popularité actuelle est aussi due aux nombreuses musiques qu’il a composées pour le cinéma. On dénombre plus de deux cents films à son actif, dont ceux de son ami Marcel Pagnol. Ce dernier lui confia également le rôle-titre dans Jofroi en 1933.

Marcel Pagnol lui écrivit cet hommage : « Mon cher Vincent, quand tu partiras, tu laisseras cent ou deux cents chansons, des sentiments à toi, des idées à toi, qui feront encore du bien à des gens qui ne sont pas nés. »

27 rue de l’Arbre

Vincent Scotto meurt à Paris à son domicile au 11, rue du Faubourg-Saint-Martin dans le 10e arrondissement de Paris, à l’âge de 78 ans, un an avant la création de son dernier ouvrage, Les Amants de Venise, au théâtre Mogador. Il repose au cimetière Saint-Pierre de Marseille. Son buste, sculpté par Arbus, est inauguré le 13 octobre 1965, face au Vieux-Port, sur la rive où il est né.

« Tout naturellement, écrivit Pagnol, ses réussites cent fois répétées avaient excité l’envie et la jalousie de compositeurs moins heureux, et l’on disait couramment qu’il faisait faire ses chansons par des « nègres ». Ce qui est regrettable, c’est que, depuis la mort du cher petit Vincent, aucun de ces nègres ne s’est manifesté en nous donnant une seule chanson comparable aux Ponts de Paris, ou à Venise provençale, ou à J’ai deux amours. Nous sommes donc forcés d’en conclure que ses nègres sont morts avec lui, le même jour, et à la même heure. ». Depuis 1948, un Prix Vincent-Scotto est décerné annuellement par la SACEM pour récompenser la meilleure chanson populaire qui s’est révélée dans l’année. L’un de ses cousins, Serge Scotto, adapte en bandes dessinées depuis 2016 les œuvres de Marcel Pagnol.


SOURCES Dictionnaire Historique des rues de Marseille d’Adrien Blès & Wikipedia Vincent Scotto
PHOTOS Gravure de 1862 et carte postale ancienne restaurée
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