La Rotonde, Le Square Labadié et le film Shéhérazade

Place Alexandre Labadié, 13001 Marseille
393
La Rotonde, Le Square Labadié et le film Shéhérazade
Arrondissement : 1er
La rue de la Rotonde tire son nom depuis 1808 de la présence de ce petit square rond baptisé Alexandre Labadié, du nom d’un politicien français de la 3ème république. Décor naturel de l’excellent film multi césarisé “Shéhérazade” en 2018, cette belle placette restait désespérément fermée depuis la fin des années 1990 (à quelques exceptions près) à cause de son environnement mêlant squat, toxicomanie et prostitution. Mais en avril 2021, la mairie de Marseille a décidé de réinvestir cet espace atypique et lui redonner une nouvelle vie de par son ouverture tous les jours et l’organisation d’événements culturels.

Pendant de nombreuses années, le square Labadié n’était ouvert aux riverains qu’en de rares occasions telles que la fête des voisins, le festival Portes ouvertes Consolat (POC) et une heure par ci par là pour les distributions de fruits et légumes d’une AMAP qui avait obtenu les clés dès 2010. Cette fermeture quasi permanente, à la demande notamment de certains habitants du quartier, était lié à des soucis de squat, de drogue et de prostitution. Ce lieu à part et un fait divers vont inspirer Jean-Bernard Marlin pour son premier film “Shéhérazade”. Son long métrage choc raconte l’histoire d’amour entre deux jeunes marginaux, dans les rues de Marseille et autour du square Labadié ; Zachary, 17 ans, tout juste sorti de prison, et Shéhérazade, jeune prostituée qui va l’accueillir chez elle.

Afin de trouver les deux jeunes acteurs principaux du film, le réalisateur a multiplié les castings sauvages pendant six mois, à la sortie des prisons, des foyers, des écoles ou en distribuant des flyers dans les rues de Marseille.

Extrait du film Shéhérazade autour du Square Labadié

Dylan Robert a été informé du casting par son éducatrice, à sa sortie de prison, alors qu’il s’apprêtait à reprendre une formation de carreleur. Alors qu’elle a déjà quitté le système scolaire, Kenza Fortas a été repérée grâce à sa mère qui a envoyé sa photo à la directrice de casting. Le réalisateur s’est immergé dans le milieu de la prostitution afin d’avoir une image réaliste de cet environnement. La préparation a duré plus de deux ans : au démarrage, le réalisateur a bénéficié d’une aide temporaire puis a vécu grâce au RSA afin de pouvoir terminer son projet. La préparation et l’action du film se déroulent à Marseille, là où Jean-Bernard Marlin a grandi. Le film a reçu en 2019 le César du meilleur espoir masculin pour Dylan Robert, le César du meilleur espoir féminin pour Kenza Fortas et le César du meilleur premier film pour Jean-Bernard Marlin !

Depuis avril 2021 le parc est enfin ouvert tous les jours de 9 h à 20 h l’été, et jusqu’à 19 h l’hiver. L’objectif à terme est de débétonner le square et installer au moins quatre bancs ainsi que d’y adjoindre des plantes et des jeux d’enfants. Dans l’esprit de réappropriation des lieux, a été lancé durant l’été 2021 les événements gratuits “Avant le soir” du 2 juillet au 26 septembre. Ce moment se veut un pont entre la journée et la nuit.

Ce cheminement estival co-organisé par Disdascalies and co et la Mairie du 1-7, donne la parole à une pluralité d’artistes et de compagnies marseillaises autour de la présence, de la parole, du chant et de la musique, entre pièces de théâtre et concerts.


Mais qui était Alexandre Labadié ? Il s’établit vers l’âge de 20 ans négociant en draps à Marseille. Républicain opposé au gouvernement impérial, il devient membre de la commission municipale de Marseille dès 1848 puis conseiller municipal en 1865. En 1870, il participe activement à la campagne contre le plébiscite de Napoléon III. Après la défaite de Sedan et la constitution du gouvernement de la Défense nationale le 4 septembre 1870, il exerce quelques semaines les fonctions de préfet des Bouches-du-Rhône et s’en démet le 24 septembre. Il dirige alors un journal avec Henri Fouquier, La Vraie République et entre en 1871 au Conseil général des Bouches-du-Rhône dont il est élu président. Ses positions politiques l’amenèrent à avoir des démêlés avec les préfets du département dont Jacques de Tracy en 1874. Le conflit avec ce dernier s’envenime au point de donner lieu à un échange épistolaire très vif entre Alexandre Labadié et le duc de Broglie alors ministre de l’Intérieur. Battu en novembre 1874 aux municipales avec la liste de républicains qu’il conduisait, il démissionne de son mandat de conseiller général. Poursuivi puis condamné au civil pour avoir fait arrêter l’ancien commissaire central de Marseille (lequel s’était suicidé en prison) durant son exercice de préfet, il se porte candidat aux sénatoriales du 30 janvier 1876 et y échoue. Ensuite candidat aux législatives il est élu le 20 février suivant sous l’étiquette de la gauche républicaine. Le 18 mai 1877, il fait partie des 363 parlementaires qui votent la motion de censure contre le duc de Broglie. Après la dissolution du parlement par Mac Mahon les nouvelles élections sont une victoire pour la gauche et il retrouve son siège. Très vivement combattue par le parti radical sa nouvelle candidature à la députation échoue lors des élections du 21 août 1881.


SOURCES Wikipedia Shérérazade & Marsactu & Wikipedia Labadié
PHOTOS assemblee-nationale.fr & Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com
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