Rolland Courbis, 1953-2026, le 5 à 4 de légende

Stade Vélodrome, 13008 Marseille
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Rolland Courbis, 1953-2026, le 5 à 4 de légende
Arrondissement : 8ème

La légendaire remontada contre Montpellier 5 à 4, la finale de la Coupe UEFA en 1999, son identité marseillaise, un tempérament fort, un discours direct et une proximité évidente avec le public…Rolland Courbis, né le 12 août 1953 à Marseille est décédé le 12 janvier 2026. Footballeur ayant évolué au poste de défenseur central entre 1971 et 1985, il deviendra entraîneur notamment de l’OM puis consultant et même acteur.

Formé à l’Olympique de Marseille avec lequel remporte le championnat de France en 1972. Il poursuit ensuite sa carrière au FC Sochaux-Montbéliard, puis à l’AS Monaco, où il décroche deux nouveaux titres de champion en 1978 et 1982, avant de terminer sa carrière de joueur au SC Toulon. Devenu entraîneur, il dirige plusieurs clubs parmi lesquels le SC Toulon, les Girondins de Bordeaux, l’Olympique de Marseille — avec lequel il atteint la finale de la Coupe UEFA en 1999 —, l’AC Ajaccio, le Montpellier HSC ou encore l’USM Alger. En parallèle, il entame une carrière dans les médias, notamment sur RMC, qu’il rejoint en 2005 tout en poursuivant ses activités d’entraîneur. Impliqué dans plusieurs affaires judiciaires, il est condamné à de la prison pour fausses factures en 1995 et fraude fiscale en 1997 dans l’affaire de la caisse noire du SC Toulon, puis pour complicité d’abus de biens sociaux en 2007 dans l’affaire des comptes de l’OM.

Originaire de Marseille, Rolland Courbis grandit dans les quartiers nord de la ville, notamment à Saint-Antoine et aux Aygalades. Fils d’un père policier et d’une mère au foyer, il fait ses premiers pas dans le football au sein du club de l’US Police. C’est en 1966, alors qu’il a 13 ans, qu’il est repéré par l’Olympique de Marseille après avoir été élu meilleur joueur d’un tournoi pupilles. En 1969, alors qu’il n’a que seize ans, il est intégré au groupe professionnel par l’entraîneur Mario Zatelli aux côtés d’autres jeunes espoirs comme Albert Emon. Pour pouvoir s’entraîner avec les stars de l’équipe — Roger Magnusson, Josip Skoblar, Joseph Bonnel ou Charly Loubet — le jeune Courbis n’hésite pas à mentir à Zatelli en lui assurant qu’il n’a pas cours, juste pour être autorisé à participer aux séances.

Carrière de joueur
Olympique de Marseille et AC Ajaccio (1972-1973)
Formé à l’Olympique de Marseille, Rolland Courbis découvre l’équipe première le 10 mai 1972 à l’occasion de la demi-finale aller de Coupe de France à Reims, puis prend part à deux autres rencontres de championnat lors de la saison du doublé (championnat et Coupe de France), ce qui lui permet d’évoluer très tôt au plus haut niveau. En octobre suivant, son parcours prend une nouvelle direction lorsque l’OM décide de l’inclure dans un échange majeur. Avec quatre autres joueurs — Lambert Verdonk, Michel Albaladéjo, André Bodji et Robert Buigues — il est transféré à l’AC Ajaccio en contrepartie de Marius Trésor. En Corse, Courbis s’impose rapidement dans le onze de départ et trouve davantage de temps de jeu dans un environnement qui correspond bien à sa mentalité. Malgré la présence de joueurs comme Claude Le Roy, René Le Lamer ou François M’Pelé, l’équipe termine lanterne rouge du championnat et est reléguée en deuxième division. Au total, Rolland Courbis dispute 28 matchs toutes compétitions confondues, dont 26 en Division 1, avant de quitter l’ACA à l’issue de la saison.

Il rejoint ensuite l’Olympiakós (1973-1974) puis le FC Sochaux (1974-1977), l’AS Monaco (1977-1982), le SC Toulon (1982-1985).

Carrière d’entraîneur
SC Toulon (1986-1991)
En octobre 1986, à seulement 33 ans, Rolland Courbis devient entraîneur du SC Toulon en cours de saison, en remplacement de Paul Orsatti. Sa première mission est un succès : il parvient à maintenir le club en Division 1 et signe une remarquable deuxième partie de championnat. La saison 1987-1988 marque un tournant. Courbis s’attelle à restructurer l’effectif et construit une ossature solide autour de plusieurs cadres qu’il considère comme la colonne vertébrale de son équipe : Alfano, Bérenguier, Casoni, Roger Mendy, Bernard Pardo et le jeune David Ginola, qu’il repositionne sur l’aile gauche. Il rappelle également le meneur de jeu Alain Bénédet, revenu après un passage à l’AS Saint-Étienne, et obtient plusieurs renforts venus d’autres clubs, parmi lesquels François Zahoui, Joël Henry et Cyrille Makanaky. Cette équipe réalise la meilleure saison de l’histoire du club en terminant à la cinquième place du championnat de France.

Le Sporting se renforce la saison suivante avec les arrivées de Joseph-Antoine Bell, Bruno Germain, Peter Bosz et György Bognár, tandis que Philippe Fargeon rejoint l’effectif en novembre. Mais cette progression espérée est contrariée par les départs de Ginola et Casoni, partis au Matra Racing, ainsi que Paganelli, contraint de mettre un terme à sa carrière professionnelle en raison de blessures à répétition. Affaibli par ces pertes, Toulon connaît un championnat plus irrégulier et termine à la 11e place du championnat. Dans la continuité, Toulon poursuit cette politique ambitieuse avec les arrivées de Miloš Bursać, Philippe Anziani, Gérard Bernardet et le retour de Bernard Casoni après une saison au Matra Racing. Cette politique de transferts effrénée est caractéristique de la « méthode Courbis ». En février, il redevient manager général et laisse sa place d’entraîneur à Delio Onnis[26]. La saison s’achève sur une 12e place en championnat.

À l’intersaison 1990, le club continue d’agiter le marché des transferts : Antoine Kombouaré, Franck Passi, Thierry Rabat, Frédéric Meyrieu et Philippe Thys, tous deux en provenance de l’Olympique de Marseille, tandis que Casoni est vendu au club phocéen. Ces mouvements s’inscrivent dans un partenariat officieux entre les deux clubs, facilité par les relations privilégiées de Courbis avec Bernard Tapie, président de l’OM[29]. Mais les difficultés extra-sportives rattrapent le club : Rolland Courbis est incarcéré le 12 octobre 1990 dans le cadre de l’affaire de la « caisse noire » de Toulon. Libéré le 18 janvier 1991, il reprend ses fonctions de manager général jusqu’à la fin de la saison[31], au cours de laquelle le SCT assure son maintien lors de la dernière journée du championnat, grâce à un match nul contre l’AS Monaco (1-1).

US Endoume (1991-1992)
À l’issue de son aventure toulonnaise, Rolland Courbis s’éloigne temporairement du football professionnel pour se relancer dans un environnement plus modeste. Il prend en main l’US Endoume, club marseillais évoluant en Division 3 lors de la saison 1991-1992, où il retrouve le goût du terrain[33]. Dans ce contexte plus familial, il encadre une équipe composée notamment d’anciens « Minots » de l’OM comme José Anigo, Jean-Charles De Bono, Michel Flos, Marcel De Falco, ainsi que de futurs professionnels tels que Didier Wacouboué, Christophe Vecchioni et Laurent Spinosi. Sous sa direction, l’équipe réalise une belle saison et termine à la troisième place de son groupe, échouant toutefois aux portes de la montée en Division 2.

Il entraînera ensuite les Girondins de Bordeaux (1992-1994), Toulouse FC (1994-1995), retour aux Girondins de Bordeaux (1996-1997) puis l’Olympique de Marseille (1997–1999)

Olympique de Marseille (1997-1999)
La reconstruction (1997-1998)

Rolland Courbis fait de Laurent Blanc son capitaine à l’OM de 1997 à 1999. À l’été 1997, Rolland Courbis effectue son grand retour à l’Olympique de Marseille. Il est chargé de relancer une équipe encore en reconstruction après des années de crise. Son retour est perçu par de nombreux supporters comme celui de « l’enfant prodigue », celui qui incarne l’identité marseillaise : un tempérament fort, un discours direct et une proximité évidente avec le public.

Dès son arrivée, Courbis entreprend une profonde refonte de l’effectif. Il attire plusieurs recrues majeures comme Laurent Blanc, Fabrizio Ravanelli, Cyril Domoraud ou encore Claude Makélélé. Le mercato hivernal est marqué par l’arrivée de Christophe Dugarry. Grâce à ce recrutement ambitieux, l’OM entame la saison sur un rythme très soutenu et enchaîne les performances convaincantes. Le point d’orgue de cette première partie de championnat intervient lors du classique face au Paris Saint-Germain, remporté au Parc des Princes (1-2) à la 15e journée, un succès qui marque les esprits et relance l’enthousiasme autour du projet marseillais. Dans la continuité de cette dynamique, l’équipe prend la tête de la Division 1 au terme de la 26e journée, notamment après une large victoire 4-0 à Toulouse, symbole de sa montée en puissance. Toutefois, l’élan olympien s’essouffle brutalement : l’OM s’incline lors des deux rencontres suivantes, d’abord à domicile face à Rennes (0-1), puis sur la pelouse de Metz (3-2). Ces deux défaites consécutives constituent un tournant majeur de la saison.

La fin d’exercice s’avère ensuite plus compliquée, marquée par un manque de régularité : les Marseillais ne remportent qu’un seul de leurs six derniers matchs, pour quatre matches nuls et une défaite. L’OM termine finalement la saison à la quatrième place du championnat, ce qui lui permet malgré tout de retrouver la Coupe UEFA et de signer sa meilleure performance depuis sa remontée en Division 1.

L’ambition du centenaire et la confirmation (1998-1999)

La saison 1998-1999 revêt une dimension symbolique particulière : l’Olympique de Marseille célèbre son centenaire et nourrit de grandes ambitions, déterminé à retrouver durablement les sommets du football français et européen. Rolland Courbis, conforté dans ses fonctions après une première saison prometteuse, poursuit la construction de son équipe autour d’un projet ambitieux. Fidèle à sa philosophie de management, il pratique un turn-over régulier afin que l’ensemble de son effectif se sente impliqué et concerné par le projet collectif.

Il fait venir Robert Pirès, qu’il repositionne dans l’axe, ainsi que Florian Maurice, Jocelyn Gourvennec, Patrick Blondeau, Daniel Bravo et Peter Luccin. Il décide également de titulariser le jeune Stéphane Porato dans les buts phocéens, préférant ce dernier à Andreas Köpke.

Le début de championnat confirme rapidement les espoirs placés dans cette équipe. L’OM réalise une entame canon, enchaînant les succès et marquant les esprits lors d’un match historique contre Montpellier (5-4), remporté après avoir été mené 0-4 à la mi-temps. Ce succès lance une série impressionnante de huit victoires consécutives. En parallèle, les Phocéens brillent sur la scène européenne, éliminant le Werder Brême et l’AS Monaco pour se hisser en quart de finale de la Coupe UEFA. À la mi-saison, le club apparaît comme un prétendant sérieux à un doublé championnat-Europe.

La seconde partie de saison s’avère plus contrastée. Malgré quelques victoires marquantes, notamment contre Bastia (3-1) et Lorient (4-1), l’équipe laisse filer des points précieux et voit Bordeaux revenir dans la course. Le tournant intervient en janvier, avec une lourde défaite au stade Chaban-Delmas (4-1), qui relance totalement la lutte pour le titre. Dès lors, un mano a mano haletant s’engage entre les deux clubs, ponctué de changements de leader et de nombreux rebondissements. L’OM alterne prestations abouties et contre-performances frustrantes, concédant notamment des égalisations en toute fin de match ou trébuchant face à des adversaires moins bien classés.

Sur la scène européenne, le parcours marseillais reste remarquable. Après avoir éliminé successivement le Celta Vigo et Bologne, l’équipe atteint la finale de la Coupe UEFA, perdue contre Parme (3-0) avec un effectif décimé par les blessures et les suspensions.

La fin de saison offre un scénario d’une intensité rare. À trois journées du terme, l’OM occupe la tête avec deux points d’avance, mais une défaite face au PSG (2-1) au Parc des Princes change tout : en quatre minutes, les Marseillais perdent l’avantage et la première place au profit de Bordeaux. Ce match suscite des critiques envers Rolland Courbis, plusieurs observateurs estimant que ses choix tactiques — notamment les sorties de Dugarry et Maurice — ont affaibli l’équipe dans le dernier quart d’heure. Les victoires finales contre Auxerre (1-0) et Nantes (1-0) ne suffisent pas : les Girondins remportent le titre avec un seul point d’avance.

La fin de l’ère Courbis

Le meneur de jeu Robert Pirès est nommé capitaine de l’OM par Rolland Courbis en 1999. La saison 1999-2000 s’ouvre dans un contexte mouvementé. Bien décidé à confirmer les bons résultats des deux saisons précédentes, Rolland Courbis procède à une large refonte de l’effectif avec les arrivées de Stéphane Dalmat, Sébastien Pérez, Ibrahima Bakayoko, Iván de la Peña, Kaba Diawara, Éric Decroix ou encore Eduardo Berizzo. Mais ces renforts ne compensent pas les départs majeurs de l’intersaison, notamment ceux de Cyril Domoraud, Éric Roy et surtout du capitaine Laurent Blanc, dont l’influence dans le vestiaire et sur le terrain était déterminante. Sur le plan sportif, l’OM peine à retrouver son niveau. Malgré une victoire face au champion d’Europe en titre Manchester United (1-0) au Stade Vélodrome, l’équipe échoue lors de la seconde phase de groupes de la Ligue des champions et ne parvient pas à rivaliser en championnat.

Les résultats décevants, conjugués à une usure interne et à des tensions croissantes avec la direction, finissent par avoir raison de l’entraîneur marseillais. En novembre 1999, Rolland Courbis est démis de ses fonctions.

Lire la suite de son parcours d’entraîneur et sa biographique


SOURCES Wikipedia Rolland Courbis
PHOTOS Par Karta24 CC BY-SA 3.0  & Panini & Par Philippe Sahonet — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, 
A NOTER Ce site est un blog personnel, ces informations sont données à titre indicatif et son mises à jour aussi souvent que possible. N’hésitez pas à me contacter pour toute correction ou contribution

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