Les Docks Joinville, le Grand Projet inachevé de François Zola

Avenue de la Corse, 13007 Marseille
1459
Les Docks Joinville, le Grand Projet inachevé de François Zola
Arrondissement : 7ème
L’ingénieur François Zola, le père du célèbre Emile, eu en 1835 dans le cadre d’un concours sur l’extension du Vieux-Port, l’idée de concevoir un Dock et un canal maritime entre le Bassin de Carénage et l’Anse de la Fausse-Monnaie pour faire sortir les navires même par vents contraires. Ce projet qui l’occupa 4 années de sa vie pris le nom de Docks Joinville en hommage au Prince de Joinville que Zola avait rencontré lors de sa préparation. Des nombreux projets importants et de grande envergure qu’il propose lors de son passage à Marseille, aucun n’est retenu. L’un d’eux aboutit finalement, puisqu’il obtient de superviser pendant 9 ans la construction du premier barrage à voûte d’Europe et du canal qui alimente toujours en eau la ville d’Aix-en-Provence, le canal Zola.

Le projet de Zola représenté en pointillés

Le projet de Zola devait permettre l’agrandissement du Vieux-Port sans recourir à un port auxiliaire.

L’idée est déclarée d’utilité publique par le conseil municipal de Marseille par la commission nommée par le Ministre de la Marine et enfin par la commission d’enquête qui l’avait adopté après une combinaison de deux projets présentés séparément au concours.

Il avait aussi reçu l’approbation de 210 capitaines marins ! Le projet n’en était pas moins violemment attaqué par les auteurs des autres projets.

Après son canal intérieur de 1835, François Zola en avait imaginé un autre, latéral à la mer en 1837.

Au mois d’août de cette dernière année, le ministre des travaux publics avait fait étudier ces deux canaux de sortie par Mr Toussaint, ingénieur attaché au port, qui, ayant estimé la dépense du premier à quinze millions de francs de l’époque, et celle du second à dix millions, s’était prononcé pour celui-ci.

On sait que le projet du Port de la Joliette finit par l’emporter. La nouvelle génération voulut faire grand.

Mais bien des prévisions de Zola se réalisèrent, le Port de la Joliette n’est alors pas sûr et la sécurité de l’ancien port a été compromise par la tranchée ouverte derrière le Fort Saint Jean…au point que quelques années après on parlait de reprendre certaines idées de l’ingénieur.

Les Docks et le Canal projetés sur un plan d’aujourd’hui (à visionner en grand format dans l’onglet Photos)

Il aura lutté 4 ans pour ce projet, écrit 14 mémoires et lettres, dressé un nombre très important de plans et d’Atlas, fait 5 voyages à Paris, dépensé plus de cent mille francs de l’époque en frais de toute sortes.

A l’occasion de ce projet, pendant un de ses voyages à Paris, que Zola fut reçu par le roi Louis Phillipe et par le Prince de Joinville âgé de 18 ans juste nommé lieutenant de vaisseau.

Lors d’une autre entrevue afin de soumettre des plans il fut présenté au Général Comte d’Houdetot qui ce jour là baptisa le projet “Docks Joinville” en hommage au jeune Prince.

Quant au projet finalement retenu, c’est par la loi du 5 août 1844 que le gouvernement ordonne la construction du bassin de la Joliette à travers un ambitieux chantier de 18 millions de francs.

La construction de la Digue du Large reprend les techniques de blocs de béton. Les infrastructures de la Joliette commencent à être utilisées dès 1847. Le bassin sera achevé en 1853.


Retour sur la vie de François Zola

Émile Zola enfant avec ses parents vers 1845

Francesco Antonio Giuseppe Maria Zolla, François Zola en français, est né à Venise le 7 août 1796 et mort à Marseille le 27 mars 1847, c’était un militaire et ingénieur, père d’Émile Zola. Sa famille était une lignée d’officiers originaire de Zara, en Dalmatie.

Entré à l’École militaire royale de Pavie en octobre 1810 à quinze ans, il en sort en avril 1812 sous-lieutenant au 4e Régiment d’Infanterie légère, et est transféré dès juillet comme lieutenant du Régiment Royal d’Artillerie italien, alors qu’il n’a que dix-sept ans.

Jusqu’à la chute du Premier Empire, il servira dans les troupes du Royaume d’Italie commandées par le vice-roi Eugène de Beauharnais.

À la chute de Napoléon, il sert de 1815 à 1821 dans un régiment de l’armée autrichienne du royaume lombardo-vénitien. L’armée l’autorise à suivre, de 1817 à 1818, des études à l’université de Padoue, où il obtient un diplôme en ingénierie et un doctorat en mathématiques. Il écrit un Traité sur le Nivellement, qui lui vaut le titre de membre de l’Académie de Padoue et une médaille du roi de Hollande.

Libéral en politique, carbonaro et franc-maçon, il quitte, en 1821, l’armée pour se rendre en Autriche où, en qualité de géomètre du cadastre en Haute-Autriche, il supervise la construction du chemin de fer Linz-Budweis, qui est considéré comme la première ligne de chemin de fer sur le continent européen, après l’Angleterre.

Brillant ingénieur de travaux publics, il est, en effet, un des pionniers des chemins de fer en Europe avant 1830, alors que la France ignore encore ces techniques. C’est également à cette époque, lors de la création de la Compagnie des chemins de fer Zola, qu’il change la graphie patronymique de son nom.

Barrage Zola

En 1830, il quitte l’Autriche et passe brièvement en Hollande, puis en Grande-Bretagne. Il s’installe en France, change aussi son prénom de « Francesco » en « François » dès son arrivée, et s’engage dans la Légion étrangère, de création récente, au grade de lieutenant.

Parti pour l’Algérie, en octobre 1832, il démissionne et débarque à Marseille le 24 janvier 1833, où il s’installe comme ingénieur de travaux publics.

Il épouse à Paris Émilie Aubert, de 23 ans sa cadette, le 16 mars 1839. Émile Zola naît le 2 avril 1840. En 1843, la famille part s’installer à Aix-en-Provence. Des nombreux projets importants et de grande envergure qu’il propose, aucun n’est retenu.

L’un de ses projets aboutit finalement, puisque François Zola obtient de superviser la construction du barrage, premier barrage à voûte d’Europe, et du canal qui alimente toujours en eau la ville d’Aix-en-Provence, le canal Zola.

Sa mort, à 50 ans, laisse sa jeune femme Émilie Aubert, sans un sou devant de graves difficultés matérielles, à la suite de mauvais choix financiers et des malversations de ses associés. Sa tombe se trouve au cimetière Saint-Pierre d’Aix-en-Provence.


SOURCES Ouvrage d’Emile Zola sur son père & Wikipédia
PHOTOS Archives & Nepomuk & Montage Plan tourisme-marseille.com

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