Fontaine d’Ivoire, La Légende de Gyptis & Protis

Sormiou, 13009 Marseille
3669
Fontaine d’Ivoire, La Légende de Gyptis & Protis
Arrondissement : 9ème
Nommée également Fontaine de Voire, Fouent de Voiro ou encore Font de Voyre, beaucoup de mystères entourent cette grotte et cette fontaine du massif de Marseilleveyre…en effet certains y localisent la légende fondatrice de la ville avec le passage de Gyptis et Protis…« Gyptis, la Ligure, offre une coupe d’eau, puisée à fontaine d’ivoire, à Protis le Grec. Le roi Nann offre aux nouveaux époux, en dot, la calanque de l’actuel vieux port pour établir la colonie grecque arrivant de Phocée »

Si la légende de Fontaine d’ivoire est donc née, comme la ville, il y a 2 600 ans, son nom actuel est bien plus récent. Le véritable nom du lieu est la Fontaine de Voire, nom d’un ancien propriétaire qui avait là une habitation dont les ruines existent encore. La légende de Gyptis et Protis est le mythe fondateur qui raconte la fondation légendaire de Marseille vers 600 av. J.-C. par des colons grecs venus de la cité de Phocée en Ionie. Le mythe existe au moins dès le ve siècle av. J.-C. puisqu’Antiochos de Syracuse le mentionne. Mais nous ne disposons désormais que de deux sources principales : l’histoire décrite par Aristote dans « La Constitution des Massaliotes », la plus ancienne, et celle de Trogue Pompée dans son Histoires philippiques, aujourd’hui perdue mais résumée par le romain Justin.

Si les deux versions présentent quelques différences, elles racontent toutes deux le mariage de Gyptis (ou Petta), fille du chef des autochtones, avec Protis (ou Euxène), un marin originaire de Phocée. Lors de ses noces, la princesse choisit alors d’épouser l’étranger en lui présentant une coupe emplie d’eau au cours d’un repas.

Gyptis et Protis (1874) par Joanny Rave

Le mariage du chef des colons avec la fille du souverain local reflète les rapports pacifiques qu’ont voulu entretenir les Phocéens avec les autochtones, contrairement à d’autres colonies où ils s’emparent du territoire par la force ou la ruse. Les marins cherchent à commercer avec eux et s’installer durablement et pacifiquement sur leur territoire. Grâce à la force créatrice du mythe, descendants de colons et d’indigènes se dessinent une origine commune dans leur mémoire collective. D’ailleurs, quand Euxénos prend Petta pour femme, Aristote en parle en utilisant le verbe συνοικείν (« cohabiter »), qui peut servir à désigner la cohabitation de deux personnes, mais aussi de deux groupes. Et lorsque celle-ci épouse Eúxenos (Εὔξενος, « le bon hôte »), il fait changer son nom en Aristoxénè (Αριστοξενη, « la meilleure des hôtesses »).

Le mariage de Protis et de la fille du roi symboliserait donc l’alliance des deux peuples, où l’étranger se fond parmi les indigènes. Prôtis « d’hôte devient gendre » nous dit d’ailleurs Trogue Pompée. On pourrait aussi y voir la volonté des Phocéens de s’approprier l’identité des autochtones dès le début, ou bien au contraire de conduire à leur hellénisation. Le recours aux mariages mixtes est en outre nécessaire et courant dans les premiers temps de la colonisation.

Selon le Parc National des Calanques de Marseille, le chemin qui mène à la fontaine de Voire réserve plusieurs surprises au visiteur. Dans le vallon de la Jarre se situe d’abord une curiosité naturelle : des dunes de sable en plein milieu des collines… Ce sable a probablement été transporté par le vent depuis les nombreuses plages de Marseille, avant qu’elles ne soient urbanisées. Il est très fragile et recèle des espèces végétales rares : il ne doit pas être piétiné. On peut aussi voir une très belle forêt de pins d’Alep centenaires, de chênes kermès, de bruyères arborescentes et multiflores, de lentisques, de cistes cotonneux et de Montpellier, de cade, de baouque, de lys des sables ou encore de salsepareille.

Dans ce secteur, on trouve également les vestiges d’une carrière, ainsi que d’anciens fours à chaux. Dans cette propriété qui appartenait à un certain docteur Voire étaient aussi bâties une maison et une bergerie, dont il reste quelques traces. La fontaine a d’ailleurs porté plusieurs noms fautifs : fontaine de Voyre ou d’Ivoire notamment. Mais c’est bien ce médecin qui lui a laissé son nom.


SOURCES Dictionnaire topographique de l’arrondissement de Marseille & titidegun.fr & Wikipédia & Parc National des Calanques de Marseille
PHOTOS Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com & Archives
A NOTER Ce site est un blog personnel, ces informations sont données à titre indicatif et son mises à jour aussi souvent que possible. N’hésitez pas à me contacter pour toute correction ou contribution

Avis sur cette fiche
5
Note globale 1 Avis
VOTRE NOTE:
  • 8 mars 2022 at 13:17

    En regardant de plus près la photo où se trouve tous les personnages posant devant la grotte, regardez bien en partant de droite ( du jeune-homme), la 3ème personne assise. En copiant la photo et en zoomant, je vois devant le jupon de cette dame une image qui s'apparente à un chapeau et un visage. Pour moi, il y a aucun doute que ce personnage qui apparaît devant, près de la fontaine, qui est relativement clair est un esprit. Il ne fait aucun doute que ce qui apparaîtrait serait l'esprit d'un individu qui pourrait être un homme ou une femme. Cela dit, ceci ne serait pas la 1ère fois que ce genre de photo ferait vivre des ombres humaines. Merci de me dire si d'autres ont vu la même chose que moi.

Laisser un avis
VOTRE NOTE:
D'autres fiches à explorer dans cette catégorie