QG, plus petite auberge de jeunesse de France

42, impasse Davin 13015 Marseille
23
QG, plus petite auberge de jeunesse de France
Arrondissement : 15ème
Site Internet : qg-marseille.com
C’est dans l’ex maison de maître de la société minière des Houillères de Bassin du Centre et du Midi (créée en 1968 mais dont on retrouve les origines au 17ème siècle) que l’ancienne journaliste Charlotte Noblet (correspondante en Afrique de l’Ouest pour des rédactions allemandes) a ouvert en 2024, après 3 ans de rénovation, ce qui serait la plus petite auberge de jeunesse de France avec seulement 5 chambres pouvant accueillir 14 personnes au maximum.

QG Marseille est une offre d’hospitalité avec pour devise « curiosité, convivialité et sérénité ». Selon sa propriétaire « on partage ici la cuisine, la pièce à vivre, les extérieurs et peut-être une idée de sortie. Petits séparés ou grande tablée, tout est possible ». La maison compte cinq chambres, chacune avec salle de bain et toilettes, et QG Marseille propose plusieurs services pour faciliter votre séjour : du petit déjeuner au supplément buanderie pour voyager léger jusqu’au panier pique-nique pour partir en excursion. Enfin, une salle avec entrée autonome et terrasse peut être louée pour une réunion, un séminaire, un cours de yoga, etc. Des ateliers s’y déroulent régulièrement.

Au moment d’épingler cette fiche, l’auberge de jeunesse QG est ainsi composée :

Chambre 1 : air marin > Chambre de 13 m², grande salle de bain avec toilettes, balcon donnant sur le jardin, avec vue mer en toile de fond.
Chambre 2 : côté jardin > Chambre de 14 m², salle de bain privée avec toilettes, des idées déco tout en récup et une petite cachette à trésors.
Chambre 3 : côté cour > Chambre de 10 m² avec salle de bain et toilettes, donnant côté cour. La vue sur les collines invite à l’escapade. (pas de lit parapluie possible).
Chambre 4 : inspirations africaines > Une chambre de 13 m², salle de bain avec baignoire. La chambre est en rez-de-chaussée et s’ouvre sur une terrasse de 10 m² donnant sur le jardin.
Chambre 5 : cabanon partagé > (chambre famille ou dortoir mixte) Chambre partagée de 10 m² avec salle de bain, donnant côté cour. Trois lits superposés de 90×200, 1 lit double de 160 cm qui peut être séparé en 2 lits simples. Entrée indépendante. Idéal pour petits groupes, familles ou personnes voyageant seules. A noter : les lits en hauteur sont réservés aux adultes et enfants de plus de 6 ans.

Quant à la société minière des Houillères de Bassin du Centre et du Midi, dont l’ancienne maison de maître sert d’écrin à l’auberge de jeunesse, un article de France Archives relate en détails l’historique de sa création. Un récit pour les plus férus de charbon débutant dans l’Hérault…

Photo issue de la page facebook Houillères du Bassin du Centre Midi

« Les premières mentions du charbon dans l’Hérault remontent au XIIIe siècle à Graissessac. Le charbon est alors transporté à dos d’hommes ou de bêtes. Dès le XVe siècle, on assiste à une poussée de l’exploitation charbonnière, en raison notamment de la pénurie de bois. En 1601, Henri IV crée la Grande Maîtrise des mines et minières de France, chargée d’accorder les autorisations d’ouverture dans le royaume. Dans la région de Graissessac, l’exploitation moderne des mines commence à la fin du XVIIIe siècle : des particuliers obtiennent le droit d’exploiter les mines de houille : Boussagues en 1767, Graissessac en 1769, Le Bousquet-d’Orb en 1778, Saint-Gervais en 1780. Louis Deleuze obtient la concession houillière de Saint-Gervais le 31 janvier 1789. Le 7 fructidor an XII, les mines de Boussagues sont concédées à Jean Antoine Etienne Giral et Barthélémy Moulinier tandis que les mines de houille du Bousquet-d’Orb sont concédées à Germain Pellet. Le traité du 14 juin 1811 entre Jean Antoine Etienne Giral, Barthélémy Moulinier, Louis Deleuze et Etienne Germain Pellet donne naissance pour 40 ans à la Société Germain Pellet, Moulinier et Compagnie. 

Mines de Potasse

Le 7 mai 1827, François Philippe Didier Usquin obtient d’Auguste Deleuze un quart de la concession des mines de houille de Saint-Gervais ; la société Usquin et Compagnie est créée le 27 avril 1829. La Compagnie générale du Bassin houiller de Graissessac, née de la fusion de la Compagnie Usquin avec les concessionnaires de Boussagues, est crée le 7 novembre 1860. Elles est transformée en Compagnie des Quatre Mines réunies de Graissessac, société anonyme autorisée par décret impérial du 7 octobre 1863. Avec l’arrivée du chemin de fer à Graissessac le 28 décembre 1858 (ouverture de la ligne Bédarieux – Graissessac, trois mois après la mise en service de la ligne Béziers – Bédarieux), la production peut prendre son essor. Des problèmes apparaissent néanmoins : problèmes d’extraction (qualité des charbons variable), problèmes de débouchés. La compagnie distribue son charbon dans les départements limitrophes et en Espagne. Parmi les effectifs, on peut distinguer 3 catégories de mineurs : les Héraultais, les mineurs venant des bassins voisins (Decazeville, Gard) et les étrangers, principalement des Italiens et des Espagnols. Le nombre des mineurs étrangers augmente avec l’exode des mineurs héraultais : au lendemain de la guerre 1914-1918, ils représentent 30% des effectifs. La compagnie offre très tôt à ses ouvriers des avantages sociaux : logements gratuits à une partie du personnel dès 1874, jardins donnés en jouissance. En 1894 est créée une  » société de secours mutuel des ouvriers et employés des mines  » alimentée par un prélèvement sur les salaires pouvant aller jusqu’à 2%. Cette création intervient à l’issue de la grande grève de 1894 dont l’origine est le renvoi d’ouvriers mineurs suite à la baisse de la production rendue nécessaire par la réduction des ventes. En outre, une loi de 1894 crée un service de retraite pour les mineurs après 30 ans de travail salarié : les versements sont alimentés par moitié par les salariés, par moitié par la compagnie. Cependant, le travail dans les mines de Graissessac est pénible et dangereux. En février 1877, un coup de grisou au puits Sainte-Barbe tue 45 mineurs : il s’agit d’une catastrophe minière des plus marquantes. Elle fit notamment la une du  » Monde illustré « , célèbre journal de l’époque. La catastrophe du puits Kühnholtz fait d’autre part 18 morts en 1917, attribuée à l’acte de désespoir d’un mineur prisonnier allemand. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, le gouvernement décide de faire de la production de charbon une priorité nationale. La loi du 17 mai 1946 nationalise les houillères en créant l’établissement  » Charbonnages de France  » et 9 houillères de bassin : Nord-Pas de Calais (HBNPC), Lorraine (HBL), Loire, Cévennes, Blanzy, Provence, Auvergne, Dauphiné et Aquitaine. Ces différents bassins ont une personnalité juridique propre et une vie autonome, sous le contrôle de Charbonnages de France. Les houillères du bassin des Cévennes (HBC) sont créées par décret du 28 juin 1946. Les exploitations du Gard et de l’Hérault leur sont affectées. Elles reprennent donc les droits et obligations de la compagnie générale des mines de Graissessac. Afin d’attirer et de fixer la main-d’oeuvre nécessaire, le gouvernement institue le statut du mineur par décret du 14 juin 1946. Il assure aux salariés de nombreux avantages (retraite, logement, chauffage, régime de sécurité sociale…). Jusqu’en 1960, c’est l’âge d’or du charbon : augmentation continue de la production, de la productivité et des effectifs. Les Charbonnages se trouvent de plus à la tête d’un parc de 110 000 logements. Mais très vite, la mévente du charbon (concurrence étrangère, choix du nucléaire) oblige le gouvernement à adopter une stratégie de reconversion qui aboutira à la fermeture progressive de tous les sites français. L’année 1962 marque la fin des mines à Graissessac et le début des « découvertes » (exploitations à ciel ouvert). Suite au décret du 16 avril 1968, les sept bassins de Loire, Cévennes, Blanzy, Provence, Auvergne, Dauphiné et Aquitaine fusionnent. On assiste alors à la création des houillères du bassin du Centre Midi (HBCM). Réuni pour la première fois le 10 janvier 1969, le conseil d’administration des HBCM décide que le siège social et la direction générale de l’entreprise seraient fixés à Saint-Etienne en raison de sa très ancienne tradition minière. L’ex bassin des Cévennes est alors partagé en deux unités : unité d’exploitation (UE) du Gard et unité d’exploitation de l’Hérault. Dès 1992, les HBCM engagent la réhabilitation et la mise en sécurité de l’ensemble de leurs sites pour pouvoir rendre à l’Etat les 148 concessions réparties sur 15 départements du centre et du midi de la France. L’objectif est d’élaborer des solutions techniques adaptées aux risques liés aux affaissements, au gaz, à l’eau et aux sols pollués. Les travaux ont pour finalité la fermeture des puits et des galeries ouvertes au jour, la stabilisation des terrils, bassins de décantation, talus des mines à ciel ouvert ainsi que le démantèlement des bâtiments devenus inutiles ». 


SOURCES QG Marseille & Made in Marseille & France Archives
PHOTOS QG Marseille & Houillères du Bassin du Centre Midi
A NOTER Ce site est un blog personnel, ces informations sont données à titre indicatif et son mises à jour aussi souvent que possible. N’hésitez pas à me contacter pour toute correction ou contribution

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