Spiaggia libera, 2023, art contemporain panoramique

1 plateau de Malmousque, 13007 Marseille
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Spiaggia libera, 2023, art contemporain panoramique
Catégorie : Culture & Art / Galeries d'Art
Arrondissement : 7ème
Site Internet : spiaggia-libera.com

On vient ici pour la qualité des expositions, mais on est tout de suite happé par ce qui est peut-être l’un des plus beaux écrins de Marseille, un ancien hameau de pêcheurs revisité, avec ses points de vues inédits sur le port de Malmousque, la Galerie Pentcheff, les Bains Militaires et le Château d’IF.  Spiaggia libera imagine des projets d’expositions, de résidences et de commandes spécifiques, pensés au plus près de chaque artiste, en marge du circuit traditionnel de la galerie. Fondée en 2023 à Paris, la plateforme poursuit sa trajectoire depuis Marseille depuis mars 2025, portée par un réseau de collaborations internationales.

Spiaggia Libera est fondée en 2023 à Paris par Sacha Guedj Cohen et Simon Lasry. La galerie s’installe rue du Vertbois, dans le 3e arrondissement, et se fait rapidement remarquer parmi la nouvelle génération d’enseignes parisiennes défendant une scène émergente et internationale, souvent tournée vers l’image et les pratiques numériques. Le nom dit déjà beaucoup du projet. « Spiaggia libera » désigne en italien la plage publique, celle qui reste accessible à tous. Face à la privatisation croissante du littoral italien, l’expression prend des allures de manifeste : la galerie revendique cet esprit de liberté et, selon sa fondatrice, une forme de résistance par la création.

2024, l’ouverture de LA PLAGE

En août 2024, pendant la semaine d’Art-o-rama, Spiaggia Libera ouvre un second espace à Marseille, à Malmousque. Sacha Guedj Cohen, marseillaise, y voit autant un retour qu’un pari : la ville attire depuis quelques années de nombreux artistes et voit se multiplier les initiatives, alors que les galeries commerciales y restent peu nombreuses. La galeriste revendique alors une autre temporalité, plus lente, loin de la surenchère parisienne. LA PLAGE est pensée comme un espace d’accueil davantage que comme une vitrine : un lieu où l’on prend le temps de la rencontre avec les artistes et les œuvres, en rupture avec le rythme des visites de galeries parisiennes.

Mars 2025, le basculement vers Marseille

Ce qui devait être une antenne devient le centre de gravité du projet. Depuis mars 2025, Spiaggia Libera poursuit sa trajectoire depuis Marseille, tandis que l’adresse parisienne est fermée. La structure conserve son réseau de collaborations internationales et continue d’accompagner ses artistes hors les murs, mais c’est désormais depuis le bord de mer marseillais que tout s’organise. L’espace de Malmousque se visite uniquement sur rendez-vous.

Spiaggia Libera se définit moins comme une galerie classique que comme une plateforme. Expositions, résidences, commandes spécifiques, accompagnement au long cours : aucun format n’est imposé, chaque projet trouve sa forme avec l’artiste concerné. La programmation se construit en dialogue avec les artistes et se déploie au fil de l’année plutôt que selon un calendrier fixé à l’avance. La structure ouvre par ailleurs son champ à d’autres disciplines — auteurs, philosophes, créateurs de mode, musiciens — et repose sur cette porosité pour repenser les formats traditionnels de l’exposition et de la collaboration.

Une présence régulière à Art-o-rama : Le salon international d’art contemporain de la Friche la Belle de Mai a accompagné toutes les étapes du projet. En 2024, la galerie y présentait Moonlight & Sunburn, exposition personnelle de Marilou Poncin consacrée à la représentation du corps, au moment même où LA PLAGE ouvrait ses portes. En 2026, désormais identifiée comme galerie marseillaise, Spiaggia Libera y présente un projet mené avec Punta Gallery, de Sofia, prolongeant une collaboration entre scènes française et bulgare. Réunissant Elvire Ménétrier, Slava George et Veronika Desova, l’exposition Tout doit disparaître part de deux matières issues de traditions artisanales ancrées dans leurs territoires respectifs — le savon de Marseille et l’huile de rose de la vallée des Roses bulgare — pour interroger les liens entre le corps, l’industrie et la mémoire matérielle.

La superbe villa se visite du salon en passant par les chambres, aux salles de bains, via une multitude d’escaliers, de terrasses panoramiques, de niveaux…


PHOTOS Dominique Milherou
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