Faïencerie Joseph Fauchier, jusqu’en 1795

Rue Fauchier, 13002 Marseille
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Faïencerie Joseph Fauchier, jusqu’en 1795
Arrondissement : 2ème

La fabrique de Joseph Fauchier (1687-1751) fait partie des plus importantes manufactures de faïence marseillaises du XVIIIᵉ siècle. Dans le premier quart de ce siècle, Fauchier y joue un rôle de premier plan : plusieurs fois choisi comme représentant de la corporation, il reçoit des commandes de la ville de Marseille, de notables et de la cour royale de Naples et des Deux-Siciles. La nouvelle faïencerie que Joseph Fauchier fait construire à la suite de l’expropriation de celle de Héraud-Leroy où il travaillait comme directeur, a deux entrées : une située sur la place Pentagone, actuellement place Marceau, et une sur la rue Royale-Saint-Lazare actuellement rue avenue Camille Pelletan. Dès 1720 Joseph Fauchier joue un rôle prépondérant au sein des fabricants de faïence qui le choisissent à plusieurs reprises pour syndic de leur corporation. Pour les travaux délicats Joseph Fauchier utilise les services d’excellents peintres tels que Jean Rome ou Joseph Viry fils de Gaspard Viry travaillant chez Pierre Clérissy à Moustiers-Sainte-Marie. Il agrandit ses installations en 1735 et, n’ayant pas de descendance, il fait venir à Marseille le fils de son frère Jean-Pierre s’appelant comme lui Joseph Fauchier. En 1742 il agrandit encore sa faïencerie qui est alors la plus importante et la plus prospère de Marseille. À la mort de son oncle en 1751, Joseph Fauchier II continue la production jusqu’à son décès survenu en 1789 et c’est son fils, Joseph-François-Marie qui verra la fermeture de la fabrique en 1795. L’activité faïencière des Fauchier a donc duré pendant près d’un siècle.

Plat oblong, Vénus à sa toilette, Marseille, musée des arts décoratifs, de la faïence et de la mode.

Les premières productions de la fabrique se caractérisent par une peinture de grand feu monochrome en bleu, ocre ou manganèse, ainsi que par des décors polychromes souvent rehaussés de rouge. Elles se distinguent également par des formes moulurées de grande dimension et des sujets en méplat ou en ronde-bosse. Signée J. Fauchier 1735, cette exceptionnelle Vierge à l’Enfant en ronde-bosse se rapproche de la sculpture. Elle repose sur un socle comportant un médaillon reliquaire, aujourd’hui disparu. La Vierge à l’Enfant de Fauchier est clairement inspirée des productions rouennaises contemporaines. La couleur rouge y est appliquée en petites stries parallèles, conservant ainsi tout son éclat après la cuisson.

Selon un article du site Les Amis du Patrimone Européenle jeune Joseph Fauchier (1687-1751), dit Joseph I, débute sa formation de faïencier dès 1705 avec Antoine Clérissy à Saint-Jean-du-Désert, à l’est de Marseille, avant d’être recruté par Anne Clérissy-Héraud en 1709. Au décès de celle-ci, il devient l’associé de sa fille Madeleine Héraud-Leroy qui reprend la direction de la fabrique jusqu’en 1728 ou 1732, année au cours de laquelle il achète un terrain pour y bâtir sa propre manufacture. Désormais à son compte, installé dans le bourg Saint-Lazare, à proximité de l’actuelle rue Fauchier, Joseph ne cesse de prospérer et occupe des fonctions importantes au sein de sa corporation.

Son neveu et héritier, Joseph II (1720-1789), lui succède en 1738. Reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture de Marseille en 1778, il va changer l’esprit des productions de la manufacture et en garantir la prospérité pendant près de 40 ans.

Plat oblong, délivrance d’Andromède, Marseille, musée des arts décoratifs, de la faïence et de la mode.

Autour des années 1750, Joseph diversifie ses productions et introduit de nouveaux types de décors à la mode comme ces saynètes historiées traitées dans un camaïeu jaune sur des pièces de vaisselle que la manufacture produit désormais en grand nombre. Suivant le goût de l’époque, le faïencier s’inspire aussi bien de la littérature à succès (Don Quichotte de Cervantes) que de thématiques encyclopédiques, religieuses (Ancien Testament) ou mythologiques (divinités et autres héros gréco-romains). Les assiettes et plats Fauchier s’ornent aussi de sujets ludiques comme les « Jeux de l’Enfance » ou de scènes illustrant la vie quotidienne ou pastorale, à travers des compositions peuplées de figures paysannes ou de gentilshommes galamment accompagnés. Les plaisirs du jardinage côtoient les traditionnelles images de chasse (au faucon) et les travaux de la vie campagnarde, comme cette représentation de l’élevage des vers à soie, à placer sans doute dans le sillage de l’Encyclopédie et de la Description des Arts et métiers.

Ces scènes historiées, souvent cernées par un médaillon « rocaille » placé au centre du bassin, s’inspirent généralement de gravures contemporaines, transposées plus ou moins fidèlement par les faïenciers.

Plat circulaire, musée d’art et d’histoire de Narbonne.

Apparu au début du XVIIIe siècle, le style Rocaille connaît un grand succès tout au long du règne de Louis XV (1715-1774). En réaction à la symétrie et à la rigueur classique jusqu’alors recherchées, les œuvres de style Rocaille se distinguent par la prédominance des lignes courbes et des arabesques, par le foisonnement d’ornements inspirés de la nature (motifs de fleurs et de feuillages, coquillages et roches aux formes alambiquées…) et des décors extrême-orientaux, alors très en vogue.

Les recueils de modèles d’ornements ont facilité la diffusion du style Rocaille dont se sont emparés artisans, ébénistes, orfèvres, ornemanistes et décorateurs comme Jean Pillement, Nicolas Boucher, Nicolas Pineau ou Juste-Aurèle Meissonnier.”


SOURCES Les Amis du Patrimone Européen & Dictionnaire Historique des Rues de Marseille & Panneau du Château Borely exposition Art Déco-Art Nouveau & Wikipedia Faience de Marseille
PHOTOS Par Rvalette — Travail personnel, CC BY-SA 3.0,
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