
Face à la mairie des 4e et 5e arrondissements, une stèle de pierre blonde finement ciselée porte deux dates : 1915-2015. C’est le Khatchkar du Centenaire, inauguré le samedi 13 juin 2015 au square Sidi-Brahim pour les cent ans du génocide des Arméniens. Une « croix de pierre » dédiée aux victimes de 1915, mais aussi aux Chrétiens d’Orient.
La mairie de secteur, alors dirigée par Bruno Gilles, a voulu prendre part à cette année de commémoration avec un projet simple mais symboliquement fort. Elle a choisi d’étendre l’hommage aux Chrétiens d’Orient, qui traversaient alors de terribles épreuves, persécutés et chassés de chez eux au Moyen-Orient et en Afrique par les combattants de l’État islamique. Le khatchkar, littéralement « pierre à croix » en arménien, est une stèle sculptée dressée en plein air, spécificité de l’art chrétien d’Orient. Il figure un « arbre » célébrant la force de la vie, la victoire sur la mort et l’importance des racines, et se veut aussi un symbole de paix. Comme le rappelle la plaque au pied du monument, cet art est inscrit depuis le 17 novembre 2010 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO.
Le décor respecte la tradition : en partie haute, deux oiseaux encadrent une rosace tournoyante, la roue d’éternité arménienne. Au centre rayonne une croix aux extrémités fleuries. En partie basse, une grosse fleur en rosace repose sur des rinceaux de feuillage. Ce khatchkar rejoint les autres « pierres à croix » marseillaises : celui du Parc Borély, offert par Erevan en 1992 en témoignage du jumelage des deux villes, et celui du parvis de l’Hôtel de Région, don de la ville arménienne d’Etchmiadzin.
La mémoire du génocide est aussi présente avenue du Prado, où le monument des jardins de la cathédrale des Saints-Traducteurs, inauguré en 1973, fut le premier du genre à Marseille. Elle l’est encore au mémorial de l’avenue du 24-avril-1915, dans le 12e, inauguré en 2006.


