
La congrégation des sœurs de Notre Dame de la Compassion a été créée en 1843 par le père Jean-François Régis Barthès. Parmi les nombreuses acquisitions il en restait encore en 2025 trois œuvres en France et cinq en Italie. Sur la base d’une double maison construite en 1785, achetée par les sœurs en 1845 elles ont fait bâtir, en 1850, le bâtiment et la chapelle donnant sur la rue Saint Savournin. Mais début 2026 on apprenait que le Saint-Siège avait dissout et vendait la Grande compassion à Marseille. Le site se transforme en “Chez Marthe”, un lieu d’accueil de 1 500 m² destiné aux femmes sans domicile, mêlant hébergement, accompagnement social et espaces de vie partagés. Le projet propose une cinquantaine de chambres pour femmes à la rue, mères avec enfants et étudiantes précaires, ainsi que des activités culturelles, un espace de coworking et des services favorisant l’entraide et la reconstruction. Ouvert aussi sur le quartier, le site accueille associations, artistes et un restaurant participatif à prix libre afin de créer un écosystème solidaire et redonner pouvoir d’agir aux femmes hébergées.
C’est précisément ici, dans cet écrin méconnu, que l’Histoire de ce quartier du Nord de la Plaine a débutée. Généreux mais un peu égocentrique, Jean Baptiste de Villiers de Saint Savournin a offert en 1776 à la ville une partie de son domaine moyennant un boulevard arboré à son nom, de Villiers, l’actuel Cours Franklin Roosevelt, ainsi qu’une venelle, la rue St Savournin. C’est sur ce terrain que sera créé au milieu des champs et des oliviers en 1784, la toute première bâtisse de l’époque. Deux cents ans après, la belle maison et ses jardins arbore toujours de nombreux éléments d’origine comme le réfectoire dans les anciennes écuries et la chapelle. C’est en 1854 que cette demeure rejoindra la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Compassion fondée en 1843 par le Père Jean-François Régis Barthès S.J.
L’œuvre recueillait alors les jeunes filles de la campagne en quête d’un emploi de servante à Marseille.
Depuis les années 60 le foyer s’est uniquement consacré à l’hébergement des étudiantes et lycéennes demeurant parfois très loin de Marseille et souhaitant résider dans le centre ville et à proximité de leurs établissements universitaires. Aujourd’hui, ce cocon paisible accueille un foyer pour une cinquantaine d’étudiantes et des garçons depuis 2021, une révolution ! C’est en 1859 que sera construite une deuxième maison abritant notamment jusqu’aux lois de 1905 une école et ses 200 élèves, aujourd’hui transformée en petit théâtre. Adossée, se trouve une étonnante chapelle néo-gothique bleutée et son superbe orgue de 1866, manufacturé par l’un des maitres en la matière, le facteur Théodore Puget. La chapelle tout comme l’instrument ont été dessiné par l’abbé Joseph Pougnet auquel avaient été confiés, à la même période, l’achèvement et le décor de l’église des Réformés. L’instrument, rare, en parfait état de conservation, avait lors de son inauguration subjugué les amateurs. Il arbore un style gothique flamboyant aux couleurs gris et or, encadrés de colonnettes surmontées d’anges musiciens. Son cœur cache un mécanisme récemment restauré dans les règles de l’art avec une tubulure en carton et des soufflets en peau de chèvre d’Ardèche !
Mais début 2026 on apprenait que le Saint-Siège avait dissout et vendait la Grande compassion à Marseille. Le site se transforme en “Chez Marthe”, un lieu d’accueil de 1 500 m² destiné aux femmes sans domicile, mêlant hébergement, accompagnement social et espaces de vie partagés. Le projet propose une cinquantaine de chambres pour femmes à la rue, mères avec enfants et étudiantes précaires, ainsi que des activités culturelles, un espace de coworking et des services favorisant l’entraide et la reconstruction. Ouvert aussi sur le quartier, le site accueille associations, artistes et un restaurant participatif à prix libre afin de créer un écosystème solidaire et redonner pouvoir d’agir aux femmes hébergées. Selon un article de Made in Marseille “Soutenu financièrement par Kedge et la Métropole Aix-Marseille-Provence, Chez Marthe bénéficie d’un bail d’occupation temporaire. Le bailleur social Batigère doit transformer le site en résidence sociale d’ici un an. Le collectif occupera les lieux au moins jusqu’à cette échéance“.


