Tunnel des Ex-Voto

Tunnel National, 13001 Marseille
456
Arrondissement : 1er
Site Internet : www.lelaboratoire.net
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Lancé le 18 mars 2013 par Philippe Mouillon et Maryvonne Arnaud, “EX-VOTO” était une curiosité d’échelle urbaine réalisée en collectant les vœux d’habitants de Marseille, au fil des rencontres. Cette proposition s’inscrivait dans le programme “Quartiers Créatifs” conçu et porté par Marseille-Provence 2013.

tunnel-des-ex-voto-marseilleÀ 2 kilomètres du Vieux-Port, le tunnel prolongeant le boulevard National joue, pour le troisième arrondissement de Marseille, un rôle de porte et de lien avec les autres quartiers de la ville. La voie de chemin de fer agit comme une frontière physique et symbolique puissante entre le quartier haussmannien de Longchamp et le quartier populaire très dégradé du boulevard National.

Chaque jour, d’innombrables piétons, cyclistes ou automobilistes affrontent cet espace, car la traversée inquiète, embarrasse ou affecte. Mais elle peut aussi détacher le passant de sa vie quotidienne, pour l’entraîner dans une expérience nouvelle.

Si le lieu inquiète et repousse, il peut aussi, selon l’imaginaire de chacun, évoquer la grotte de Lourdes, la voûte céleste, la caverne de Platon ou un théâtre d’ombres.

Invités à Marseille pour l’année Capitale 2013, Maryvonne Arnaud et Philippe Mouillon ont choisi d’amplifier ces potentialités pour obtenir une dramaturgie d’échelle urbaine qui impulse des trajectoires inattendues, lignes d’erres buissonnières, fugues indéterminées. Le geste artistique profite des différences sociales et générationnelles, symboliques et esthétiques, pour les mettre en scène et les inviter à se côtoyer.

Comme tant de grottes naturelles transformées en sanctuaires, ce tunnel devient ainsi le réceptacle d’ex-voto contemporains qui puisent bien au-delà de la tradition locale, et traversent les cultures, les systèmes symboliques et l’histoire pour bâtir une poétique de bricolage, assemblage de mots, fragments d’espoirs et de peurs, tremblements incalculables, fulgurances fragiles.

Chaque vœu collecté auprès des passants est en quelque sorte une dédicace, un don individuel offert à tous : j’offre à ma ville et à mes proches, et à tous les inconnus, un souhait publiquement inscrit et partagé ici, avec tous, dans une même communauté ouverte au nouvel arrivant et héritière des récits noués là précédemment.

Ces vœux traduisent les doutes, les espoirs et les peurs de nos contemporains. En voici quelques exemples :

> J’aimerais respirer sous l’eau.
> Je voudrais une vie normale, comme les autres.
> Quand je serai grand, je voudrais ne pas aller en prison.
> Voir le bout du tunnel, trouver la sortie.
> Remonter le temps, recommencer avec ce que j’ai dans la tête maintenant.
> Qu’on me donne vingt ans de plus à vivre.


Philippe Mouillon

est un plasticien et scénographe urbain, il est à l’initiative de Laboratoire sculpture-urbaine, structure artistique qu’il a fondé avec la plasticienne Maryvonne Arnaud en 1985. Professeur associé à l’Université Joseph-Fourier – Grenoble 1 de 1996 à 2015, il étudie l’identité locale et les ancrages territoriaux dans le contexte de la mondialisation. Il anime la revue local-contemporain qui associe artistes, pédagogues et philosophes pour comprendre et représenter les formes sociales émergentes.

Après des études universitaires de droit et de sciences politiques, il rencontre Pierre Sansot par lequel il découvre la richesse des milieux urbains. Il obtient en 1984 le grand prix de la biennale internationale des arts de la rue, puis il anime des ateliers à New York, Chicago, Montréal et San-Francisco.

Il crée Laboratoire sculpture-urbaine avec Maryvonne Arnaud en 1985. Il conçoit alors des œuvres pluridisciplinaires et d’échelle urbaine en développant un maillage mondial d’artistes et d’intellectuels. Plus d’un millier d’auteurs disséminés dans le monde ont été invités à collaborer, afin de scénariser autrement l’espace public en France (Grenoble, Échirolles, Lyon, Marseille) ou à l’étranger (Cologne, Weimar, Alger, Douala, Abidjan, Dakar, Johannesburg, Rio de Janeiro, São Paulo, Santiago du Chili, Vancouver, Sarajevo…).

Chaque installation est spécifique et conjugue les sensibilités identitaires locales, lentement accumulées, et la réalité quotidienne faite de migrations de populations et de transferts accélérés d’informations d’un point à l’autre du globe.


TEXTES lelaboratoire.net
PHOTOS lelaboratoire.net

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