Savonnerie de la Tulipe 1865 et l’Aérosol Marseille, 2026

Boulevard Romieu, 13015 Marseille
999
Savonnerie de la Tulipe 1865 et l’Aérosol Marseille, 2026
Arrondissement : 15ème

La Savonnerie marseillaise de la Tulipe et du Coquelicot fut fondée en 1865, fermée en 1987, propriété de Baron Père & Fils et fabricant de savon blanc cuit supérieur. C’est ici que l’ancienne manufacture et son domaine situé aux Crottes accueillent depuis la rentrée 2026 un magnifique projet commencé 8 ans plus tôt qui s’ouvrira progressivement jusqu’en 2027, comprenant école de hip hop, musée du street art signé Maquis-art ainsi qu’un hôtel dans le cadre d’Euroméditerranée.

L’usine à vapeur de la Savonnerie de la Tulipe et du Coquelicot spécialiste en savons blanc en pains, barres et morceaux moulés produisait annuellement 8 millions de kilos. Maison réputée elle a notamment participé aux expositions universelles de Paris en 1889, de Chicago en 1893, Anvers en 1894, Paris de nouveau en 1900 et Liège en 1905. La savonnerie développe deux signatures visuelles et olfactives, toutes deux issues de la même famille Baron : La Tulipe est le motif qui donne son nom à l’établissement, associé à un savon plus modeste destiné probablement au quotidien et aux usages domestiques. Le Coquelicot est l’estampille florale associée à un savon de toilette, pensé comme un objet de distinction bourgeoise. Les initiales relevées au dos d’un savon rond de la collection de Mme Jacqueline Gembolys : EMB13, pourraient renvoyer à Émilie-Micheline-Baron, fille de la famille Baron & fils. Prénom, que l’on retrouve d’ailleurs sur la façade du bâtiment principal.  La Savonnerie était probablement installée en partie sur l’ancienne propriété de J.Frédéric Magallon, vendue le 10 avril 1830 à Henri Joseph Aubin, passée ensuite à J.B André Delanglade en 1849. L’artère se nomme depuis 1848 le Boulevard Magallon. La Savonnerie avait son adresse officielle sur le boulevard parallèle, de Romieu, au n°5, ancienne propriété de 3,5 hectares achetée aux enchères par André Benoit Romieu en 1818.

A son décès son fils Jean-Baptiste en hérite et la vend, le 15 février 1864 à Jean-Paul Brunet Simiane, marquis de Tressemanes, un an avant la fondation de la Savonnerie. Boulevard Romieu on peut encore voir des faïences de tulipes sur les façades.

En 2020, L’Etablissement Public Euroméditerranée avait décidé de lancer une consultation d’opérateurs sur plusieurs îlots situés au sein du noyau villageois des Crottes dont celui de la Savonnerie la Tulipe sur  3 565 m² et de l’ancienne manufacture Moncada, en bordure du nouveau Parc Bougainville. La savonnerie la Tulipe et la manufacture Moncada étant sites pilotes de ce projet, les solutions développées par le programme européen « Happen » seront étudiées et une attention spéciale portée sur le volet énergétique avec un objectif de 60% de réduction des consommations d’énergie. Début 2021 on apprenait que Euroméditerranée avait confié au groupement associant l’agence Monchecourt & Co (architecte du patrimoine), la société Histoire & Patrimoine (groupe Altarea Cogedim), le bureau d’études Etamine (développement durable), le collectif de street-art « Maquis-art » la mission d’aménager ces deux friches industrielles.

L’ancien site de la savonnerie de la Tulipe va ainsi accueillir une école de hip hop, un musée du street-art via la société Maquis-art et un hôtel (une auberge de jeunesse à la base). L’ancienne manufacture Moncada (2 267 m²) accueillera un programme de 35 logements sociaux avec des locaux d’activité.

 

L’histoire de L’Aérosol est une épopée ou un pèlerinage, celui de David, fondateur de Maquis-Art qui vit, transpire le désir de faire résonner les cultures hip-hop partout et aujourd’hui dans un de ses berceaux, Marseille. L’idée née de la fin d’une première expérience, celle de l’Aérosol à Paris, ouvert en 2017, fermé en 2018. Si le concept de friche industrielle transformée en Musée du Graffiti séduit, L’Aérosol Paris est resté un projet éphémère car adossé à un bail temporaire. En 2018, Euromed lance un appel à manifestation d’intérêt sur divers lieux marseillais et notamment sur le quartier des Crottes qui se trouve au cœur d’un vaste plan de réaménagement. L’envie d’une aventure pérenne revient alors sur la table. L’ambition d’un lieu musée vivant prend alors toute son ampleur lorsque David s’associe alors à Hip Hop citoyens.

Le projet est clair : revenir à l’essence, même de ses cultures et de les rendre accessibles au plus grand nombre, à partir d’un lieu qui permet de créer des liens. L’ancienne savonnerie La Tulipe est tout de suite un coup de cœur, les bâtiments industriels en vieille pierre, la mosaïque sur la façade, les hauteurs sous plafond, les poutrelles métalliques ont ce cachet qu’on ne trouve qu’à Marseille. En 2021, L’Aérosol remporte le concours, à ce moment-là les travaux semblent titanesques et le bâtiment déborde de cafoutch. En 2023 le projet se relance puis est frappé par un incendie. Le temps de digérer, de reconstruire, de garder certaines cicatrices visibles qui finalement contribuent à l’âme du lieu.

Cette ouverture, loin de proposer la perspective définitive du projet, est l’esquisse de ce qui se construira murs après murs, coulures après coulures et à terme, ce ne sont pas moins de 5 500m2 qui seront ouverts au public. Cette première phase marseillaise s’inscrit dans la dynamique de L’Aérosol, concept de lieux culturels installés dans d’anciens sites réhabilités, dédiés au graffiti, au street-art, au hip-hop, à la création et à la transmission.

Pour son ouverture, L’Aérosol propose l’exposition « ça déborde à La Tulipe » du 12 septembre au 1er novembre 2026. Et pour commencer une histoire, il faut trouver les bons protagonistes, c’est pourquoi l’Aérosol confie la curation à Mister Freeze avec la complicité de Braga & Nyota. Un collectif d’artistes, pour une collab, avec une consigne : mettre à l’honneur autant de pionniers que de jeunes talents et ce, tout en laissant la part belle aux artistes du territoire. Pour cette première exposition, ce sont plus de 1500m² de murs d’expression qui sont mis à disposition à plus d’une cinquantaine d’artistes.


SOURCES TPBM & euromediterranee.fr & Dictionnaire Historique des Rues de Marseille d’Adrien Blès & La Tulipe Marseille
PHOTOS Publicité de la Tulipe & Google Maps & & euromediterranee.fr & La Tulipe Marseille & © Atelier Monchecourt & Dominique Milherou
A NOTER Ce site est un blog personnel, ces informations sont données à titre indicatif et son mises à jour aussi souvent que possible. N’hésitez pas à me contacter pour toute correction ou contribution

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