
A l’emplacement de l’actuel Radisson Blu Hôtel Marseille Vieux Port se trouvaient un temps de gigantesques réservoirs de lessives caustiques du Groupe Solvay en remplacement de la fabrication de soude solide.
Le site après la destruction du réservoir et avant l’hôtel
Selon un extrait de “Déésindustrialisation et ré-industrialisation à Marseille fin XIXe-début XXe siècle ” par Xavier Daumalin : ” En 1895, le groupe (Solvay) densifie son dispositif en s’installant en Provence, à Salin-de-Giraud, pour s’emparer du débouché des savonneries et des verreries locales toujours dominé par les soudières Leblanc. À partir de 1902, l’usine de Salin-de-Giraud tente d’obtenir un avantage concurrentiel décisif en lançant un nouveau produit : les lessives caustiques. Jusqu’à présent, les soudières fournissaient de la soude solide en sac et c’était ensuite aux savonniers de préparer leurs lessives. Ils disposaient pour cela de magasins de stockage, de bacs de dissolution et de lavage, de réservoirs, de pompes et de tout un réseau de canalisations. Solvay propose désormais des lessives prêtes à l’emploi. Le produit est plus cher à l’achat que les habituels sacs de soude, mais il permet aux savonniers de réaliser des économies de fonctionnement qui compensent largement le surcoût initial. …/…Dans la production de soude, la victoire des lessives Solvay est rapide et sans appel. Leur production atteint 23 000 tonnes en 1905 et 39 000 tonnes en 1913. La demande est telle que les sept réservoirs de la société au quai de Rive-Neuve, à Marseille, ne sont bientôt plus en mesure de maintenir un stock suffisant pour pouvoir approvisionner les clients en toute sécurité. En 1911, près de 270 000 francs sont donc investis par Solvay dans l’achat d’un deuxième immeuble et dans la construction de trois nouveaux réservoirs à proximité des anciens”.
Selon des commentaires glanés sur le groupe Facebook Une Histoire de Marseille sur ce sujet lancé par Maître Dji Dji, Jean-Louis Maltret déclarait “C’est bien une cuve de soude caustique comme le disent des commentaires plus haut. Dans mon enfance il y avait encore sur le quai les embouts de tuyaux qui traversaient la rue et où venaient se brancher ceux qui remplissaient les cuves. L’approvisionnement se faisait par un bateau, le “Camarguais”, sans moteur, remorqué par le remorqueur “Avylos”. Ils faisaient le circuit Vieux-Port => Port-Miou pour charger du calcaire de la carrière, Port-Miou => Salinde Giraud pour charger la soude puis Salin de Giraud => Vieux-Port“.
Selon Maître Dji Dji “Cette cuve n’apparaît pas sur la photo IGN de 1920, mais elle est présente sur celle de 1928 (photos en 3D pour bien situer). Cependant, on la voit déjà sur la photo aérienne de 1923. La présence du dépôt Solvay à cet endroit est confirmée par l’Indicateur marseillais de 1920 (par exemple), tant à la rubrique professions qu’à la liste des habitants par rues. Il apparaît à cette adresse (40 et 41 quai de Rive-Neuve) à partir de l’Indicateur de 1901. A noter qu’à partir de la photo IGN de 1942, on voit un deuxième réservoir de l’autre côté de la rue Robert, un peu plus haut. Appartenait-il aussi à Solvay ? Ça reste à chercher…“


