
« Si on voulait vraiment embellir notre cité Il faudrait un Marché du Soleil dans chaque quartier » fredonnait en 2007 le groupe marseillais Massilia Sound System…«On y déniche des merveilles, Mais les plus belles, pour les avoir faut se dépêcher ». Cet immense dédale d’échoppes, caché dans un immeuble du 19ème siècle renferme une telle institution depuis 1980 qu’on en a fait une chanson. Mais certains habitués, essentiellement issus de la communauté magrébine de Marseille vous diront que ce temple des bonnes trouvailles a perdu de son éclat et un peu de son âme après s’être frotté de trop près au feu du soleil, ravagé par deux incendies en 2008 et 2016. D’ailleurs début 2024 la mairie a écrit à la préfecture pour permettre l’évacuation des près de 150 commerçants de la halle des Grands-Carmes et fermer le lieu par manque de sécurité et pour remise aux normes. En mars 2025 la ville accorde finalement un permis de construire au propriétaire régularisant sa situation, à condition que certains travaux demandés soient effectués. En novembre 2025 on apprenait dans Marsactu que “dans le cadre d’une opération de lutte contre la fraude et le blanchiment, la Justice a saisi les murs du Marché du Soleil. Le propriétaire de cette galerie commerciale qui fait la renommée de la porte d’Aix est dans le viseur d’une enquête préliminaire.” Une opération a eu lieu le 2 février 2026, menée sous la direction du parquet de Marseille, elle se concrétise par la fermeture administrative du lieu soupçonné d’être le royaume de la contrefaçon. Le 7 septembre la justice a prononcé la fermeture définitive. Le site serait confisqué au profit de l’État. Georges Dahan, son fondateur et patron, est condamné à 4 ans de la prison avec sursis. On apprend alors dans la Provence que la ville de Marseille travaille sur un projet de “plus grand souk d’Europe” pour combler le vide économique laissé dans le quartier…mais un incendie criminel a totalement détruit le Marché du Soleil à Marseille dans la nuit du 10 septembre, 3 jours après la condamnation !
Ce labyrinthe du shopping bon marché et de la copie où « On y vient pour voyager, on y vient pour palabrer » restait un petit monde à part et dépaysant à explorer, quand il était autorisé à ouvrir par les autorités. Malgré sa réhabilitation on devinait encore son ancienne structure centenaire. A la fin du 19ème siècle s’affairaient encore ici les ouvriers de Léon Sauze & Joseph Segond, des spécialistes en grains et farines.
Cette rue du Bon Pasteur, débordante de marchandises, était alors l’ancienne route d’Aix-en Provence. Elle doit son nom à une église fondée par Monseigneur de Belsunce en 1738 avant de disparaitre en 1831.
De nos jours ici les fidèles catholiques se font rares et on se pressait plutôt au n°16 au cœur de la Mosquée At-Taqwa fondée en 1975 avant d’aller flâner dans les allées du Marché du Soleil ouvert quelques années après au début des années 80. Cette création est alors une solution du maire Robert Vigouroux aux commerçants qui exerçaient à l’époque dans la rue, à même le sol ! Avant le sinistre de 2016 on comptait ici près de 130 box, on en dénombrerait encore 90 sur les 5000 m² du gigantesque hangar avant sa fermeture définitive. Pour reprendre l’hymne des Massilia, «Il y a de l’or en barre, du bronze et de l’argent », on aperçevait de jeunes fiancés à la recherche de leurs parures de mariage, des adolescentes friandes de vêtements de marques à petits prix, mais qui ont pu souvent être des copies, des familles en quête d’artisanat oriental, des affamés attirés par le fumé d’un kébab ou venus juste un instant « prendre le kawa sous la vieille sono », « se rencontrer », « respirer » et « échanger ».
En 2023, le marché du soleil était déja en sursis et on pouvait lire dans La Provence que “depuis, des travaux d’envergure ont été engagés et la direction du marché a été reçue en mairie : “Nous prenons acte des nombreuses initiatives consenties“, explique Jean-Pierre Cochet, adjoint au maire délégué à la sécurité civile. “Néanmoins, nous avons besoin d’un document d’autorisation de travaux qui atteste de la nature de tout ce qui a été entrepris. Or à ce jour, rien de cela ne nous a été fourni“. Si ce document n’intervient pas rapidement, “nous n’aurons d’autre choix que faire appliquer l’arrêté de fermeture“. Début 2024 la mairie a écrit à la préfecture pour permettre l’évacuation des près de 150 commerçants de la halle des Grands-Carmes et fermer le lieu par manque de sécurité et pour remise aux normes. En mars 2025 la ville accorde finalement un permis de construire au propriétaire régularisant sa situation, à condition que certains travaux demandés soient effectués. En novembre 2025 on apprenait dans Marsactu que “dans le cadre d’une opération de lutte contre la fraude et le blanchiment, la Justice a saisi les murs du Marché du Soleil. Le propriétaire de cette galerie commerciale qui fait la renommée de la porte d’Aix est dans le viseur d’une enquête préliminaire.” Une opération a eu lieu le 2 février 2026, menée sous la direction du parquet de Marseille, elle se concrétise par la fermeture administrative du lieu soupçonné d’être le royaume de la contrefaçon. Le 25 juin le parquet réclame la fermeture définitive des lieux et 4 ans de prison avec sursis contre son propriétaire Georges Dahan. le 7 septembre la justice a prononcé la fermeture définitive. Le site serait confisqué au profit de l’État. Georges Dahan, son fondateur et patron, est condamné à 4 ans de la prison avec sursis


