Madmax, galerie d’art contemporain dans une ancienne banque privée, 2026

10 rue du Coq, 13001 Marseille
59
Madmax, galerie d’art contemporain dans une ancienne banque privée, 2026
Catégorie : Culture & Art / Galeries d'Art
Arrondissement : 1er
Site Internet : madmax.art

Fondée par l’architecte de formation, Maxime Vignolles, MADMAX est une galerie d’art contemporain qui a ouvert ses portes à la fin de l’été 2026 dans le cadre Art-o-rama, dans le quartier des Réformés. Elle occupe un bel immeuble Belle Époque, ancien siège d’une banque privée pendant près d’un siècle, témoin de l’âge d’or marchand de la ville. Le lieu accueillera par la suite des agences d’assurances et des gestionnaires de fond et de patrimoine dont Zarifi & Cie de 1955 à 2017.  La galerie et son mobilier mobilier années 1960 signé par le décorateur Jacques Quinet, s’étend sur deux étages, transformant un ancien lieu financier confidentiel en un espace 170 m² ouvert à la circulation artistique réaménagé par l’Atelier Aïno.

Selon la Galerie, “À travers un programme ambitieux développé en collaboration avec le conservateur David Pons, la galerie considère la narration comme un catalyseur – un outil permettant aux formes, aux idées et à la stimulation de se mouvoir et de résonner. Les expositions de MADMAX naissent d’un dialogue étroit avec les artistes, permettant aux projets de se développer organiquement en fonction de l’architecture de l’espace et du contexte plus large dans lequel ils s’inscrivent. MADMAX encourage les rencontres entre les pratiques et les générations, favorisant des expositions qui privilégient la conversation, les échanges et les affinités inattendues plutôt que les catégorisations rigides. La galerie conçoit la création d’une exposition comme un processus de recherche et de co-construction, où la présentation elle-même devient partie intégrante du potentiel narratif de l’œuvre. Elle présente des œuvres de différents médiums – peinture, dessin, sculpture, broderie et installation – à travers une programmation guidée par l’intuition et la curiosité.

Ancrée à Marseille, ville marquée par le mouvement, la pluralité et une perpétuelle réinvention, la galerie MADMAX adopte une perspective ouverte et internationale tout en restant attentive à son contexte local. Elle ambitionne de contribuer à l’évolution du paysage culturel marseillais et à l’essor de la scène artistique contemporaine en créant un espace où les pratiques émergentes peuvent s’exprimer avec rigueur et liberté”.

Le choix d’inaugurer la galerie MADMAX avec « Unfinished » , une exposition du sculpteur Matouš Háša, est à la fois judicieux et légèrement amusant, car le lieu lui-même a récemment subi une transformation audacieuse. Une ancienne banque privée de la fin du XIXe siècle a été reconvertie en un espace dédié à l’art contemporain. Un tel processus – qui consiste à concilier les exigences du présent et la préservation du patrimoine architectural – implique d’accepter que certaines choses puissent rester en suspens et que l’évolution suit rarement un cours linéaire.

Pour l’être humain, l’inachevé est à la fois troublant et fascinant. Il soulève la question : pourquoi ? En art, l’inachèvement peut suggérer l’abandon, l’interruption, ou simplement une décision consciente d’arrêter. Après tout, la maîtrise réside autant dans le processus que dans le résultat.

L’idée de laisser délibérément une œuvre inachevée remonte au Ier siècle de notre ère. Les observations de Pline l’Ancien ont jeté les bases de ce qui allait devenir l’esthétique du non-finito, adoptée par des maîtres de la Renaissance tels que Michel-Ange et Léonard de Vinci. Pour Pline, une œuvre inachevée révélait le processus créatif de l’artiste, invitant le spectateur à pénétrer dans l’esprit de son créateur.

Il n’est donc pas surprenant que Háša, jeune sculpteur profondément enraciné dans les traditions classiques et fervent étudiant de l’Antiquité et de la Renaissance, soit attiré par le Non-Finito. Ses sources s’étendent au-delà de la sculpture classique, jusqu’au symbolisme et aux nombreux chefs-d’œuvre inachevés disséminés dans l’histoire de l’art. Dans Inachevé , ses sculptures figuratives occupent un espace entre émergence et dissolution, où ni le corps ni l’identité n’ont pleinement pris forme. Les figures semblent surgir de la pierre sans jamais s’en détacher complètement ; les visages restent indéfinis, les corps se dissolvent en masses brutes. La forme n’émerge que provisoirement, comme si chaque acte de devenir contenait un mouvement opposé de retour vers la matière dont il est issu.


SOURCES Madmax & pappers.fr & La Provence & GoMet
PHOTOS © Madmax, oeuvres de Matouš Háša
A NOTER Ce site est un média personnel, ces informations sont données à titre indicatif et sont mises à jour aussi souvent que possible. N’hésitez pas à me contacter pour toute correction ou contribution

Avis
Il n'y'a pas encore d'avis, soyez le premier !
Laissez votre avis
VOTRE NOTE: