Le Pharaon, la CAGM et l’affaire des Vedettes du Frioul

Anse du Pharo, 13007 Marseille
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Le Pharaon, la CAGM et l’affaire des Vedettes du Frioul
Arrondissement : 7ème
Même s’il faisait partie du paysage en filant vers le Frioul et la baie de Marseille, ne la cherchez plus, l’épave du Pharaon a bel et bien disparue, partie à la casse après des années d’échouage dans l’Anse du Pharo, au pied de la Voilerie Phocéenne. L’occasion d’évoquer le destin, judiciaire, de la compagnie CAGM, Group Armateurs Côtiers Marseillais fondée en 1974. Selon la presse “pendant quarante ans, le clan des familles Pipolo et Crescioni a régné en maître absolu sur le juteux marché du transport maritime entre la cité phocéenne et les îles du Frioul et du château d’If.” Lors du procès l’accusation évoquait un véritable « empire mafieux » fondé sur « des pratiques terroristes à l’égard des concurrents ».”

En 2015, le Pharaon à gauche attend son heure

En 2015 les pelles mécaniques de la société 4D avait pour mission de faire “dalle rase” de ce terrain de l’Anse du Pharo de près de 5 000 m² dont 3 000 m² de surfaces couvertes afin de préparer l’arrivée d’un Village d’entreprises Nautiques. Ce fut bientôt le tour de la navette de passagers Pharaon de partir à la casse, elle qui attendait là tristement depuis des lustres, servant parait-il de chambre d’hôtes de fortune à un couple. Le navire faisait partie de la CAGM et assurait les liaisons avec le Château d’If et les Îles du Frioul. L

La flotte comprenant également le Mistral, la Tramontane, le Ville de Marseille et le Château d’If seront saisis et vendus par les Domaines.

Mais comment en est on arrivé à la fin de règne du Pharaon ?

Selon un article du Monde de 2009 “Les huit bateaux du GACM, qui assuraient jusqu’en 2006 les rotations entre le Vieux-Port de Marseille et l’archipel du Frioul, avaient été saisis par les gendarmes en mars 2006. L’accusation a évoqué contre les associés du GACM “des pratiques mafieuses, en terrorisant leurs concurrents et en usant largement de fraudes fiscales”. Depuis l’arrestation des Pipolo et des Crescioni en mars 2006, la desserte de l’archipel du Frioul a été confiée à la société Veolia. La société affichait l’an dernier 385 000 passagers et devrait dépasser cette année les 400 000. Le GACM en déclarait au maximum 150 000“. Une vingtaine de témoins de moralité, dont l’ex-footballeur Eric Cantona, s’étaient présentés en faveur des Crescioni au tribunal. Pour leur défense, les Pipolo et Crescioni, défendu par Gilbert Collard, ont cité également à la barre l’humoriste Patrick Bosso et même l’ancien maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin.
Lire l’article complet.

Extrait du journal LCM

Selon un article du Parisien de la même année “Les Pipolo-Crescioni se croyaient tout permis. Jusqu’à ce jour de septembre 2004 où André Pipolo bloque le Vieux-Port de Marseille lors de la visite des organisateurs des régates préparatoires de l’America’s Cup. Il est indigné que ces hôtes de marque n’utilisent pas ses bateaux. Un incident qui ulcère le préfet de police de Marseille. Déjà dans la ligne de mire du fisc, le clan Pipolo-Crescioni fait l’objet d’investigations approfondies. Les enquêteurs découvrent que le train de vie des familles ne correspond pas aux revenus déclarés “.

Mais coup de théâtre en 2016 dans les colonnes de la Provence “Dix ans après, c’est le grand retour du mistral. Car Pierre Crescioni et son avocat, Me Alain Guidi, réclament à l’État français la bagatelle de 1,3 million d’€. Pourquoi ? Parce qu’entre-temps la cour d’appel d’Aix, saisie de faits d’abus de confiance, d’abus de biens sociaux, de double billetterie et de blanchiment, a revu à la baisse la peine le concernant : deux ans de prison – au lieu de trois – dont un an avec sursis. Il a aussi été exonéré de l’amende de 150 000 € qui lui avait été infligée. Et, surtout, la justice a décidé de lui restituer cinq des navires saisis. C’est là que les choses se compliquent sérieusement. Car les bateaux n’ont pas été entretenus. Ils n’ont pas fait l’objet de gardiennage. Certains ont été détériorés, voire pillés et surtout ils ont été vendus à des prix très en deçà de leur valeur. Pour les cinq navires que sont le Pharaon, le Ville de Marseille, le Château d’If, le Mistral et le Tramontane, la valeur a été estimée à plus de 2,5 millions d’€, quand la vente n’a permis de récolter que 358 000 €.”.


SOURCES Le Monde & Le Parisien & La Provence
PHOTOS Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com & Extrait du journal LCM
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