
« J’ai mis les poubelles dans un musée »… Tout part ici d’un déchet, d’un objet trouvé au gré de déambulations marseillaises, dans une cité où les détritus sont une ressource inépuisable. Le Laboratoire de Franck Garam a ainsi collecté pendant des années des matières premières brutes : de vieux jouets, des cristaux, des boutons de chemise… Des milliers de petits éléments qui ont rejoint une impressionnante collection de bocaux en verre, alignés sur les étagères de cet improbable cabinet de curiosités. Un lieu unique en son genre qui a envie d’ailleurs et de retrouver la lumière perdue.
Certaines des trouvailles de Franck Garam pourront rester des mois enfermées dans leur cocon ou posées négligemment sur la « table à refaire le monde » de l’artiste, faite de collages de cartes d’une France réinventée… Puis, un jour, l’inspiration vient. Les pinces déforment, le fer à souder assemble et la métamorphose s’opère. Une œuvre poétique sans nom de baptême voit alors le jour, souvent composée de détails qui nous ramènent à notre enfance, telle une madeleine de Proust : Barbie, Playmobil, boîte de biscuits qu’on ouvrait en cachette chez sa grand-mère…Et ces œuvres, Franck Garam ne s’en sépare que très rarement. Il les accumule patiemment dans son petit atelier-appartement afin de créer un lieu hors du temps, une parenthèse dans un monde consumériste qui va trop vite.
Un lieu discret, singulier, timide, à l’image de son propriétaire, talentueux mais peu porté sur la promotion de ses créations. À l’aise, surtout, dans son univers, toujours prêt à accueillir le visiteur qui se serait égaré par là, attiré par son insolite devanture et ses guirlandes de jouets. Il flotte aussi ici un parfum de nostalgie, celui de son ancien atelier-maison du boulevard de la Libération, dont il a dû se séparer après le non-renouvellement de son bail. Des années de scénarisation et des milliers d’objets réinventés qu’il a fallu déménager à contrecœur dans ce petit local sombre d’une rue Thiers peu propice à la flânerie.
Un lieu qu’il souhaite depuis 2025 quitter, avec l’envie de voir enfin ses œuvres s’en échapper et s’exposer quelque part dans la lumière, à l’image de l’un de ses lustres qui, lui, a déjà trouvé sa place au Musée de l’Art Brut de Lausanne.
En 2025 il écrivait sur son blog “Ne me sentant pas bien dans mon nouvel atelier (trop bruyant, trop de travaux, pas d’extérieur et absorbant plus que mes revenus, me retrouvant dans une situation commerciale malgré moi, ne pouvant plus gérer les démarches administratives et ayant l’âge de la retraite, j’ai décidé de stopper mon activité. Je suis à la recherche d’un lieu à la hauteur de mes moyens. Pour cela, j’ai besoin de m’alléger et j’aimerai me séparer de tous mes assemblages d’objets, (Poèmes objectifs, Rêves de tiroir, Chaînes). Je suis prêt à tout donner, voir réaliser une installation dans un lieu ou ils pourraient continuer à attirer les regards ce qui serai pour moi un moyen de garder une vitrine sur le monde et de donner un sens à mes réalisations sans les contraintes actuelles.
J’ai peu de temps avant de tout enfermer en vrac avec une clef USB dans des malles en fer et réaliser une carte au trésor. Mon atelier ma permis d’exister. Toutes démarches m’étant compliquées, ayant du mal à aller vers les autres, je me suis aperçu que mes réalisations et l’ambiance créée attirant regards et objectifs. J’ai donc cultivé cela pour séduire, l’attention, les commentaires des enfants et des visiteurs. Cela m’a nourri et aidé, ils mon appris à parler et donnés le sentiment d’avoir une place dans ce monde. Le but na jamais était de vendre mais de pouvoir échanger avec d’autres personnes et d’essayer de montrer agréablement certaines incohérences de notre monde”.


