63 et 65 rue d’Aubagne…ne jamais oublier !

63 et 65 rue d'Aubagne, 13001 Marseille
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63 et 65 rue d’Aubagne…ne jamais oublier !
Arrondissement : 1er
Site Internet : collectif5novembre.org
Rarement un drame n’aura autant marqué et ému les marseillais…et remis en lumière la vétusté de centaines d’immeubles de la ville, les pratiques scandaleuses de marchands de sommeil et l’inertie, très lourde de conséquence, de certains pouvoirs publics. L’effondrement des immeubles du 63 et 65 rue d’Aubagne s’est produit le 5 novembre 2018 à 9 h, provoquant la mort de huit personnes…Fabien, Simona, Marie-Emmanuelle, Chérif, Niasse, Ouloume, Taher, et Julien. Aujourd’hui la “dent creuse” de ce haut de la rue d’Aubagne, seulement réouverte aux véhicules en juillet 2021, rappelle irrémédiablement aux passants cette tragédie dans l’attente d’un lieu de mémoire pour ne jamais oublier tout en poursuivant le combat contre l’habitat insalubre.

Le 59, 61, 63, 65, 67 rue d’Aubagne en 2017

Le no 63, inoccupé, appartenait depuis 2016 à la société d’économie mixte Marseille Habitat ; le no 65 était une copropriété habitée. Les secours démolissent immédiatement l’immeuble adjacent du no 67, inoccupé et également fragilisé. La municipalité, débordée par la gestion du drame, évacue dans les mois qui suivent l’accident au moins 4 500 Marseillais habitant dans 578 immeubles dangereux, dont un tiers à proximité de l’accident. La gestion de la crise s’éternise. Un an après l’accident, des centaines de ménages sont toujours relogés dans des hôtels, le Haut Comité au logement parle de crise humanitaire. Le drame révèle les dysfonctionnements des services de la ville et de la métropole, qui avaient été alertés par des experts à de multiples reprises avant l’effondrement, et la politique d’urbanisme défaillante de la municipalité dont Jean-Claude Gaudin était le maire depuis 1995. Six élus LR sont épinglés pour la location ou la vente de logements insalubres.

Le 59 et 61 rue d’Aubagne

L’association un centre-ville pour tous et le collectif du 5 novembre dénoncent la politique de gentrification du centre-ville. La mairie se défend en rejetant la responsabilité de l’accident sur les fortes pluies qui ont précédé l’accident, l’inertie administrative et les propriétaires privés. Une information judiciaire contre X, pour « homicides involontaires » aggravés « par violation manifestement délibérée d’une obligation de prudence ou de sécurité » est confiée trois semaines après le drame à un pôle de trois juges d’instruction. Ils reçoivent mi-juin 2020 un rapport d’expertise selon lequel l’effondrement a été déclenché par la rupture d’un poteau supportant le plancher du rez-de-chaussée du no 65. Les experts estiment que le drame est la conséquence d’un grand nombre de « manquements majeurs », de la part de la municipalité mais aussi de plusieurs spécialistes informés de l’état des immeubles depuis 2014. Les mises en examen débutent en novembre 2020 avec celle de Marseille Habitat (propriétaire du no 63), de Julien Ruas (proche de Jean-Claude Gaudin et son adjoint chargé du service de gestion et prévention des risques), et du cabinet Liautard (syndic de copropriété chargé du no 65).

L’instruction pourrait durer encore de nombreuses années.

En savoir plus sur l’affaire


SOURCES wikipedia Effondrement des immeubles rue d’Aubagne
PHOTOS Lewisiscrazy & Google Maps
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