Didier Raoult, l’icone (décriée) du COVID-19 et l’IHU

19-21 Bd Jean Moulin, 13005 Marseille
4
Didier Raoult, l’icone (décriée) du COVID-19 et l’IHU
Arrondissement : 5ème

Didier Raoult est devenu l’icone incontournable du COVID-19, au point de voir son visage s’afficher à Marseille en t-shirt et en santon ! Né le 13 mars 1952 à Dakar, Didier Raoult est un microbiologiste français, spécialiste des maladies infectieuses, professeur des universités – praticien hospitalier au sein de l’université d’Aix-Marseille et des Hôpitaux universitaires de Marseille jusqu’à son éméritat en 2021, ainsi que directeur de l’institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection de 2011 à 2022. Lauréat du grand prix de l’Inserm en 2010, il étudie pendant sa carrière et avec son équipe marseillaise, des virus complexes et des bactéries. En 2020, Didier Raoult acquiert une notoriété médiatique internationale au début de la pandémie de Covid-19 lorsqu’il préconise un traitement à base d’hydroxychloroquine qui devait résoudre la crise sanitaire, mais dont l’efficacité n’a jamais été démontrée. Pour cette promotion infondée du traitement, une étude clinique réalisée sans autorisation, et sa publication ne respectant pas la rigueur scientifique, il est condamné en 2024 à deux ans d’interdiction d’exercice de la médecine. Ses positions controversées sur la pandémie de Covid-19 ainsi que ses propos polémiques sur les enjeux financiers et politiques de la recherche engendrent de vives critiques de la part de la communauté scientifique. Il fait actuellement partie des vingt chercheurs au monde ayant le plus d’études scientifiques rétractées pour diverses raisons éthiques ou méthodologiques.

Didier Raoult naît le 13 mars 1952 à Dakar, au Sénégal alors possession française. Il garde un lien affectif avec ce pays et le continent africain. Il est le dernier d’une fratrie de six enfants, fils d’André Raoult (1909-1978), un médecin militaire originaire de Bretagne, fondateur de l’Organisme de recherches sur l’alimentation et la nutrition africaines (Orana), et de Francine Le Gendre (1912-2009), une infirmière née à Marseille, petite-fille de Louis Paul Le Gendre (1854-1936), un médecin des hôpitaux de Paris (hôpital Tenon et hôpital Lariboisière) et infectiologue renommé. La famille s’installe à Marseille en 1961. Il effectue une partie de sa scolarité dans un lycée de Nice, puis dans un internat à Briançon. Mauvais élève, Didier Raoult part travailler à 17 ans, pendant deux ans selon certaines sources mais en fait probablement moins de six mois, sur des bateaux, paquebot de croisière ou navire de la marine marchande, selon les sources. D’après le sociologue Frédéric Pierru, l’éducation stricte qu’il reçoit de son père militaire aurait eu des conséquences sur sa révolte adolescente et son échec scolaire. Marié en 1982 avec Natacha Caïn, psychiatre, fille du psychiatre et psychanalyste Jacques Caïn, dont la famille est originaire du Comtat Venaissin, et d’Anne Caïn (née Zeitlin), psychanalyste et psychodramatiste issue d’une famille d’origine juive lituanienne, il est père de trois enfants.

Grâce à la subvention la plus élevée accordée en France pour la recherche médicale (72,3 millions d’euros portés par l’ANR dans le cadre du Programme investissements d’avenir (PIA), Didier Raoult fait construire un nouveau bâtiment pour accueillir l’IHU Méditerranée Infection, inauguré en 2018. Cet institut est dédié au diagnostic, à la prise en charge et à l’étude des maladies infectieuses y compris les soins, la recherche et l’enseignement. L’IHU Méditerranée Infection a pour membres fondateurs : université d’Aix-Marseille, Assistance publique – Hôpitaux de Marseille, BioMérieux, l’Établissement français du sang, l’IRD, le Service de santé des armées. Il bénéficie de l’aide de l’Union européenne et du Fonds européen de développement régional ainsi que de nombreux partenariats. L’IHU héberge huit start-ups qui, en retour, réservent 5 % de leur capital à l’IHU. Didier Raoult possède 23 % de Techno-Jouvence, qui étudie les planaires pour régénérer les cellules souches. En juillet 2022, La Provence révèle des extraits du rapport intermédiaire de l’IGAS à la suite de son inspection dans ces locaux. Ce rapport dénonce un management par la terreur, une production sans valeur scientifique et de mauvaises pratiques médicales allant à l’encontre du code de santé publique. Le rapport relève également que les médecins qui ne souhaitaient pas prescrire le traitement hydroxychloroquine et azithromycine aux patients Covid-19 subissaient de fortes pressions pour le prescrire. Selon l’IGAS, ces éléments sont « de nature à relever d’une qualification pénale ».

Lire la biographie complète

IHU Méditerranée Infection

L’institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille (IHU Méditerranée Infection) ou « IHU MI » est un institut hospitalo-universitaire créé en 2011 sous la forme d’une fondation de coopération scientifique, et inauguré en mars 2018. Il est dirigé par Didier Raoult jusqu’en août 2022, puis par Pierre-Edouard Fournier. L’institut a comme membres fondateurs l’université d’Aix-Marseille, l’AP-HM, l’Institut de recherche pour le développement (IRD), le Service de santé des armées, BioMérieux, et l’Établissement français du sang (EFS). L’Inserm et le CNRS s’en sont dissociés après une mauvaise évaluation scientifique du centre en 2018. Les anciens dirigeants de l’IHU et de l’IRD sont condamnés en 2023 pour prise illégale d’intérêts dans le cadre du financement de l’IHU par l’IRD. En 2021 et 2022, l’IHU fait l’objet de plusieurs enquêtes par l’IGAS et l’IGESR, qui relèvent de graves manquements en matière de recherche et de soin, dénoncent le management très autoritaire de Didier Raoult, et exigent une réorganisation profonde de la structure.

En 2023, une information judiciaire est en cours, portant sur les « chefs de recherche interventionnelle impliquant une personne (RIPH) non justifiée par sa prise en charge habituelle sans obtention de l’avis du comité de protection des personnes et de l’autorisation de l’ANSM, faux en écriture et usage ». Des faits relatifs à la prise en charge thérapeutique de la tuberculose et de la Covid-19, qui, selon la mission d’inspection Igas-IGESR, seraient susceptibles de constituer des faits de recherches cliniques non autorisés, font l’objet d’une analyse complémentaire en cours par le parquet de Marseille.

Lire la présentation complète


SOURCES Wikipedia Didier Raoult & Wikipedia IHU
PHOTOS Chinese Business Club & Fractec — Travail personnel, CC BY-SA 4.0 & Guillaume Boitrel
A NOTER Ce site est un blog personnel, ces informations sont données à titre indicatif et son mises à jour aussi souvent que possible. N’hésitez pas à me contacter pour toute correction ou contribution

Avis
Il n'y'a pas encore d'avis, soyez le premier !
Laissez votre avis
VOTRE NOTE: