Cité d’Artistes du Couvent Levat par Juxtapoz, 1843

52 Rue Levat, 13003 Marseille
1914
Cité d’Artistes du Couvent Levat par Juxtapoz, 1843
Arrondissement : 3ème
Site Internet : atelier-juxtapoz.fr

Après avoir occupé avec le superbe projet “Aux Tableaux” l’ancienne école St Thomas d’Aquin pendant 2 ans, l’association Juxtapoz a déménagé début 2017 dans le troisième arrondissement. Le projet : transformer l’ancien couvent Levat de la congrégation des Sœurs Victimes du Sacré-Cœur de Jésus en une véritable “cité d’artistes” où 94 personnes œuvrent à présent. Au total, 41 ateliers sont mis à disposition auprès d’artistes, artisans, indépendants et structures culturelles. Après avoir annoncé son départ en 2021, l’association a finalement bénéficié d’une prolongation au couvent de la Belle-de-Mai. Depuis la rentrée 2023, Le Couvent est ouvert tous les jours sauf le lundi. Mais les conventions d’occupation arrivent à échéance fin 2026 : pour 2027, la Ville a lancé un appel à manifestation d’intérêt qui rouvre la gestion du lieu.

Véritable lieu de création, de travail, d’échange, d’expérimentation et d’innovation, la « cité d’artistes » favorise les collaborations et permet la mutualisation de réseau et de matériel. Plus de 1000 m2 ont été attribués aux ateliers d’artistes et aux bureaux de structures culturelles, 150 m2 aménagés en logement pour accueillir des résidences d’artistes, un appartement de 60 m2 est habité par le gardien du lieu, et l’ancienne chapelle de 400 m2 sert d’espace de répétition et de diffusion. Le loyer ? 7 euros / m2 par mois pour la mise à disposition d’un atelier de travail (eau, électricité, gaz, taxe d’habitation, internet, 4 salariés) + 10 euros / personne par mois pour les espaces communs, le matériel d’entretien et la mise à disposition du matériel technique. Soucieuse des problématiques actuelles, Juxtapoz s’investit de manière écologiquement responsable.

Dès le montage du projet, l’association a intégré cette question à sa réflexion. La convention signée par chaque résident précise la démarche éco-responsable dans laquelle s’inscrit le projet et les « invite » à la respecter. La première décision de l’association Juxtapoz a été de souscrire à un fournisseur d’énergie garantissant une électricité 100 % verte. Des « initiatives » écologiques ont ainsi été aménagées sur le site : mise en place de poubelles de tri sur l’ensemble du lieu, acheminement de ces déchets sur les sites de tri de la ville par Juxtapoz, mise en place d’un compost, investissement dans des ampoules Led pour le lieu, création d’un parc à vélo.

D’autres investissements plus conséquents étaient envisagés : récupérateur d’eau, poêle à granulés pour chauffer certains espaces, etc.

Visant à encourager cette démarche et à développer d’autres actions, des bilans énergétiques quantitatifs et qualitatifs devaient être établis et diffusés. L’inauguration du site a eu lieu en juin 2018, avec des ouvertures ponctuelles. La première exposition EMANCIPATION – The Group Show a été lancée du 13 juin au 13 octobre 2018 avec une œuvre monumentale dans l’ancienne chapelle de 400 m², 17 000 m² d’espaces extérieurs investis, 23 artistes internationaux. Mais aussi 1000 litres de peinture, 1 tonne de matériaux utilisés (bois, marbre, plexiglas, corde, cellophane, résine, Dibond, etc.), une programmation culturelle et hebdomadaire pendant 4 mois : projections, conférences, performances, temps musicaux, etc. En septembre 2021, Marsactu annonçait que Juxtapoz, après avoir annoncé son départ, allait finalement bénéficier d’une prolongation au couvent de la Belle-de-Mai.

Une autorisation provisoire qui s’est au final pérennisée. Mais plusieurs associations de quartier se sont alors senties mises à l’écart de ce projet, qui devait à la base faire du jardin Levat un parc public. Lire l’article. À partir de la rentrée 2023, nouveauté, Le Couvent est ouvert tous les jours sauf le lundi.


Et pour la suite ?

Depuis 2023, le site est co-piloté par Juxtapoz et l’association L’Hydre, dont les conventions d’occupation arrivent à échéance fin 2026. Début 2025, Juxtapoz annonçait son intention de ne pas renouveler ses engagements. Pour 2027, la Ville prévoit d’intégrer le jardin au domaine public : ce changement de statut juridique l’oblige à lancer un appel à manifestation d’intérêt, qui remet la gestion du couvent et de ses espaces extérieurs en concurrence. La municipalité affiche vouloir « pérenniser les activités culturelles, artistiques et pédagogiques, notamment la Cité d’artistes », tout en ouvrant davantage l’espace vert aux habitants. Face à l’association L.E.V.A.T., créée fin 2025 et rassemblant 18 structures du quartier autour d’une gouvernance collégiale associant les riverains, Juxtapoz prépare finalement une candidature.


L’histoire du Couvent

Quant au couvent, il était occupé depuis 1843 par la congrégation des Sœurs Victimes du Sacré-Cœur de Jésus. L’institut est fondé à Marseille le 17 juin 1838 par Julie-Adèle de Gerin-Ricard (1793-1865) sous la direction de l’abbé Beaussier. Le 8 septembre 1841, Julie-Adèle prononce avec trois compagnes ses vœux religieux et prend le nom de mère Marie Victime de Jésus Crucifié. Le père Louis-Marie Maulbont d’Arbaumont (1813-1882), en religion père Jean du Sacré-Cœur, rédige les constitutions religieuses, qui sont approuvées par Mgr Mazenod. En 1875, Mgr Place les reconnaît de nouveau et finalement elles reçoivent l’approbation pontificale le 19 décembre 1978.

Le couvent et son terrain de 1,7 hectare ont été rachetés par la ville de Marseille lors du Conseil municipal du 6 février 2017, suite au départ volontaire des 18 sœurs en 2016.

Cette communauté cherchait un autre lieu d’implantation que celui qu’elle occupait depuis sa fondation, en raison de l’évolution du quartier, devenu selon elle trop bruyant et peu propice à la vie contemplative…en effet, ces sœurs ne sortaient qu’une fois par an de leur couvent et leur contact avec le monde extérieur se faisait principalement lors d’une vente annuelle de charité ouverte au public. Elles vivent leur foi de manière très stricte. Les religieuses sont vouées à la consolation du Cœur de Jésus, à la prière de réparation pour le salut des âmes et la sanctification du clergé, et à l’Adoration perpétuelle du Saint Sacrement. Une rumeur a un moment été relayée selon laquelle les sœurs auraient voulu partir de la Belle de Mai car victimes de persécutions, une information vite démentie. Les sœurs ont migré en septembre 2016 vers le monastère de la Fouchardière, à Chavagnes-en-Paillers, en Vendée.

Dans un premier temps, la ville a donc choisi de mettre le couvent à disposition de l’association Juxtapoz afin de développer, dans le bâtiment, cette cité d’artistes pour une durée (initialement) de trois ans, dans le cadre du projet “Quartiers Libres Saint-Charles – Belle de Mai“. Durant cette occupation temporaire, qui pourrait devenir pérenne, l’association assurait le gardiennage, la sécurité, l’entretien et le maintien de l’ancien couvent. Un appel à candidature a été lancé pour permettre à l’ensemble des artistes de soumettre leur projet à l’association. Concernant les espaces extérieurs du bâtiment et les jardins qui constituent un poumon vert du quartier, la ville souhaitait ouvrir cet espace au public afin de répondre aux attentes des habitants du quartier, exprimées lors des concertations. Dans un second temps, les usages à long terme du bâtiment et du jardin devaient faire l’objet d’une concertation spécifique intégrée au projet “Quartiers Libres Saint-Charles – Belle de Mai“.

Afin de mener à bien ce projet urbain, la municipalité a acquis 7 hectares de caserne, ancienne propriété militaire de l’État. Cette réorganisation urbaine est menée en cohérence avec son territoire environnant et s’inscrit dans un périmètre de 140 hectares incluant la future gare LGV, qui préfigurera le quartier de la gare métropolitaine de demain.


SOURCES Juxtapoz & Marseille.fr & vendee.catholique.fr & Wikipédia
PHOTOS Juxtapoz & Marseille.fr & Google Maps
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