
Au n°119/121 de l’ancien chemin de Cassis se trouve la bastide de Grand Pré. Le portail à doubles vantaux et pilastres ornés d’urnes rappelle que la famille d’Anthoine était « cousine des rois » et comblée des largesses impériales. Antoine Ignace Anthoine fut maire de Marseille de 1805 à 1813 et Napoléon 1er le fit baron de Saint-Joseph en 1808. Une chapelle faisait partie des dépendances. Elle devint propriété de Jacques Blanc qui en fit une laiterie à la fin du XIXème siècle puis cédée dans les années cinquante à la Société des Eaux de Marseille. Le lieu abrite aujourd’hui une résidence d’habitation.
Antoine-Ignace Anthoine, né à Embrun en 1749 et mort à Marseille en 1826, est une grande figure du commerce marseillais sous le Premier Empire. Issu d’une famille de magistrats, il choisit pourtant très jeune la voie du négoce et part travailler à Constantinople où il développe d’importantes activités commerciales. Visionnaire, il s’intéresse particulièrement aux échanges entre la France, la Russie et les territoires de la mer Noire, à une époque où ces routes commerciales restent encore peu exploitées par les Français. Grâce à ses succès dans le commerce maritime, Anthoine devient l’un des négociants les plus influents de Marseille. En 1805, Napoléon rétablit une mairie unique dans la ville et le nomme maire de Marseille. Il occupe cette fonction jusqu’en 1813, dans une période marquée par le développement économique de la cité mais aussi par les tensions liées au blocus continental et aux guerres napoléoniennes. Son mandat reste associé à une volonté de moderniser et structurer le commerce marseillais.
Parallèlement à sa carrière politique, Antoine-Ignace Anthoine mène une réflexion approfondie sur le commerce international. En 1805, il publie un ouvrage remarqué, Essai historique sur le commerce et la navigation de la mer Noire, dans lequel il défend l’importance stratégique de cette région pour l’économie française. Son expertise et sa proximité avec le pouvoir impérial lui valent de nombreuses distinctions : il devient officier de la Légion d’honneur puis est élevé au rang de baron de l’Empire sous le titre de baron de Saint-Joseph en 1808. La mémoire d’Antoine-Ignace Anthoine demeure encore présente à Marseille aujourd’hui. Une rue d’Anthoine porte son nom dans les quartiers nord de la ville, rappelant son rôle majeur dans l’histoire économique et municipale marseillaise. Son parcours illustre parfaitement l’ascension d’une bourgeoisie commerçante qui, sous l’Empire, participa à transformer Marseille en grande place maritime tournée vers la Méditerranée et l’Orient. Lire sa biographie complète


